Comment faire une bibliographie

Article non sponsorisé

Cet article est destiné aux étudiants pour répondre aux questions liées à une bibliographie et aux enseignants qui souhaiteraient sensibiliser de jeunes enfants ou des adolescents aux techniques de la bibliographie. Je vous remercie par avance de partager cet article auprès de ceux qui pourraient en avoir besoin.

Sommaire


Introduction

Cet article se propose de définir ce qu’est une bibliographie et d’en présenter deux types distincts : celle d’un auteur unique et celle comportant plusieurs ouvrages d’auteurs différents.

Nous verrons ensuite les différentes entrées lorsqu’il s’agit d’un livre ou d’un article. Puis, nous nous pencherons sur un cas particulier en abordant les bibliographies multilingues. Nous traiterons dans un troisième temps la manière de présenter une entrée bibliographique dont un ou plusieurs éléments constitutifs sont inconnus. Nous nous interrogerons aussi sur l’introduction d’articles dématérialisés dans une bibliographie et nous essaierons d’en expliquer les limites.

Pour finir nous tenterons un début de réponse concernant l’apprentissage à la méthode bibliographique face à de jeunes élèves.


Qu’est-ce qu’une bibliographie ?

Définition : une bibliographie est un document écrit qui regroupe un ensemble de livres et d’articles devant respecter les règles stipulées dans une convention.

L’ordre alphabétique ou le classement par date de parution sont généralement les deux éléments principaux du classement. Le support peut être papier ou numérique. Ici, notre approche concerne une sortie papier.

Important : une bibliographie reste une convention, il est donc très important de se renseigner sur les modalités de présentation qui peuvent varier d’une fac à une autre. Ce type de renseignement devrait se trouver sur le livret de l’étudiant ou sur le site Internet de votre Université. Dans le cas où ces renseignements seraient manquants, vous pouvez suivre mes indications sans aucun souci. Ici, j’ai gardé la présentation qui était demandée à l’EHESS de Paris lorsque j’y étais étudiant. Notez aussi que tous les documents que vous devez produire sont régis par des règles : marges, interlignes, polices de caractères, titres etc. Tous ces éléments sont conventionnels et compteront sur la note finale de vos travaux. Ce qui est vrai pour le corps du texte l’est aussi pour votre première de couverture où se trouveront vos nom et prénom, le titre de votre recherche, le diplôme visé, le nom de votre Université, le nom de votre directeur de recherches, l’année, etc. Ne négligez pas ces éléments.


Bibliographie d’un auteur unique

Lorsque la bibliographie ne concerne qu’un seul auteur le classement par date de parution s’impose. Ce genre de bibliographie accompagne souvent une biographie.

Prenons un exemple de bibliographie d’un auteur imaginaire : la bibliographie des œuvres de DUDUL Machin Truc. Elle devra comporter un titre et une liste de livres classés par ordre chronologique de publication.

Selon la convention bibliographique ou selon vos préférences en cas d’absence de convention, l’ordre chronologique peut être croissant ou décroissant.


Bibliographie des œuvres de DUDUL Machin Truc par ordre chronologique

Dans neuf ans l’an 2000, 1991, Editions du Vent et de la Pluie, Lannion, 126 pages.

Dans quatre ans l’an 2000, 1996, Editions du Granite Rose, Perros-Guirec, 155 pages.

Déjà un an !, 2001, Editions de la Galette, Rospez, 223 pages.


Bibliographie comprenant plusieurs auteurs et plusieurs livres ou articles

Généralement, l’ordre alphabétique concerne une bibliographie qui comporte les livres ou articles d’auteurs différents.

Bibliographie sur la Chine

AHERN Emily M., (1973) 1997, The Cult of the Dead in a Chinese Village, Stanford University Press, Stanford, California, 280 pages.

CATTELAIN Eric E. J., 1997, « La Mesure en Chine : Harmonie, Unités et Classificateurs », in Revue de Métrologie Industrielle Pratique et Légale, T. 75, N° 12-1997, Bulletin officiel des instruments de mesure Ministère de l’Industrie, Les Editions de Génie Moderne, Paris.

CHAVANNES Edouard, (1921) 1998, Contes et Légendes du Bouddhisme Chinois, Editions Dharma, Collection Fenêtres du Dharma, Saint Michel en l’Herm, 218 pages + 5 pages non numérotées en fin de volume.

PIMPANEAU Jacques, (1995) 1999, (Mémoires de la cour céleste) Chine mythes et dieux, (Editions Kwok) Editions Philippe Picquier, Arles, 357 pages.

Important : s’il y a plusieurs entrées pour un même auteur, il faut classer les entrées par ordre chronologique de la plus ancienne à la plus récente.


Explications des différentes entrées de cette bibliographie sur la Chine

En choisissant les quatre entrées de cette bibliographie sur la Chine, j’ai essayé de trouver les différents écueils sur lesquels nous pouvons trébucher ou avoir des doutes. N’hésitez pas à me poser des questions si je n’ai pas répondu à toutes vos attentes.


Explications pour le livre d’Emily AHERN

En choisissant un ouvrage en langue anglaise, j’ai souhaité insister sur le fait qu‘une bibliographie peut être multilingue. Nous verrons par la suite les autres possibilités qui s’offrent à nous lors d’une bibliographie multilingue qui s’agence autrement.

Explications de la mise en page d'un livre dans une bibliographie.
Explications de la mise en page d’un livre dans une bibliographie.
  • L’auteur : AHERN Emily M.

Dans cet exemple, toutes les lettres du nom de l’auteur sont des majuscules en gras. Le prénom quant à lui n’est pas en gras et ne prend une majuscule que pour la première lettre.

  • La date d’édition : (1973) 1997

Dans cet exemple, nous sommes face à un livre qui a été réédité. Dans ce cas, il faut placer entre parenthèses la date de la première édition suivie de la date de l’édition du livre auquel nous nous référons. Ces dates figurent généralement en début d’ouvrage.

  • Le titre du livre : The Cult of the Dead in a Chinese Village

Nous remarquons aussi que le titre du livre comporte plusieurs majuscules :

« The Cult of the Dead in a Chinese Village » et non « The cult of the dead in a chinese village ».

Ici, il s’agit d’un livre en anglais et la règle pour les titres dans cette langue est de mettre des majuscules sur l’ensemble des noms communs, des noms propres et des adjectifs liés à un pays (French, English, Taiwanese).

Un titre reste une création : il n’y a pas que dans la langue anglaise que les majuscules prennent plus d’importance dans un titre que dans les pages d’un ouvrage. La traduction de « The Golden Bough » de Sir Frazer en français donne un titre qui reprend les majuscules de la version originale « Le Rameau d’Or ». La notion de création reste importante et seule une traduction ne justifie pas les majuscules. Une œuvre originale en français peut comporter des majuscules là où à l’écrit elles sont minuscules. Le titre du livre de Philippe Langenieux-Villard sorti en 2013 est un bon exemple : « La Pomme d’Alan Turing ». Ici, « pomme » prend un P majuscule.

  • L’éditeur : Stanford University Press

Le nom de l’éditeur est toujours une composante de la bibliographie. Une édition peut être plus ou moins prestigieuse mais l’éditeur n’est pas un vulgaire marchand vénal qui souhaite écouler des livres. Il engage sa personne et sa réputation.

  • Le lieu de l’édition : Stanford, California

En principe, seul le nom de la ville est mentionné mais j’ai précisé le nom de l’Etat partant du principe qu’un lecteur français ne connaissait pas nécessairement l’Université de Stanford ou ne savait pas dans quel pays elle se situait. Je n’ai pas ajouté USA derrière « California » car j’ai supposé que l’état de Californie suffisait pour déterminer l’emplacement géographique. Là encore, il faut garder la graphie de l’ouvrage : California et non Californie.

  • Le nombre de pages : 280 pages

Dans cet exemple, le livre est numéroté à l’aide des chiffres arabes. Nous verrons plus bas comment signaler le nombre de pages lorsque les chiffres romains et arabes sont utilisés dans un même livre.

Attention : toujours avoir en tête la notion de respect de la graphie ! Il arrive que des ouvrages aient deux styles de numérotation, la numérotation en chiffres romains en début d’ouvrage suivie de la numérotation en chiffres arabes pour le reste du livre. Dans ce cas, vous devez l’indiquer comme suit : ….., XIX et 241 pages ou XIX – 241 pages.

Mea-culpa : j’ai fait une erreur sur le livre de AHERN Emily, j’aurais dû traiter son entrée ainsi :

AHERN Emily M., (1973) 1997, The Cult of the Dead in a Chinese Village, Stanford University Press, Stanford, California, IX et 280 pages.


Prénom ou prénoms – Nom ou double nom ? Le casse-tête chinois d’Emily Martin Ahern !

Toujours se référer à la graphie de l’ouvrage

Vous constatez que j’ai noté sur cet exemple deux prénoms ou ce qui paraît être un deuxième prénom . En fait, il faut toujours se référer à la graphie de l’ouvrage. Vous pouvez voir sur la photo de la page où l’on découvre le titre du livre, il est écrit : EMILY M. AHERN. Ceci signifie que l’auteur porte de l’importance à son deuxième prénom ou tout du moins au M. derrière son prénom, soit parce qu’il s’agit d’une coutume, soit par coquetterie, soit pour se différencier d’un homonyme écrivain, soit parce qu’il s’agit d’un nom de jeune fille ou d’un nom marital ! Dans tous les cas il faut écrire le M. derrière Emily.

Page III non numérotée de l'ouvrage de AHERN Emily Martin - Cult of the Dead in a Chinese Village.
Page III non numérotée de l’ouvrage de AHERN Emily Martin – Cult of the Dead in a Chinese Village.

Imaginons que nous ayons encore des doutes et que nous voudrions éviter une erreur. Dans ce cas, comme il s’agit d’une étude en Anthropologie Sociale, il y a de fortes chances de trouver en fin de volume une bibliographie où l’auteur a cité l’un de ses travaux.

Page 269 de l’ouvrage de AHERN Emily Martin – Cult of the Dead in a Chinese Village.

En effet, l’auteur a cité l’une de ses publications dans la bibliographie en fin d’ouvrage. Ici, la sinologue anthropologue a mentionné un article. Nous verrons ensuite comment différencier les articles des livres dans l’exemple suivant avec l’article de Eric CATTELAIN.

Nous avons donc deux choix possibles pour le nom de l’auteur concernant cette entrée dans la bibliographie sur la Chine :

AHERN Emily M.

AHERN Emily Martin


Anecdote : Emily reste un mystère pour moi car ses derniers ouvrages sont maintenant signés Emily Martin ! J’aurai l’occasion de vous reparler d’Emily Martin AHERN dans de prochains articles.


Explications pour l’article d’Eric CATTELAIN

Dans cet exemple, il s’agit d’un article et non d’un livre. Quelque soit la convention concernant les bibliographies dans votre Université, les articles seront toujours présentés différemment des livres.

Intéressons-nous ici uniquement aux différences pour éviter les redites.

Explications de la mise en page d'un article dans une bibliographie.
Explications de la mise en page d’un article dans une bibliographie.
  • Le titre d’un article

Dans cet exemple, le titre de l’article est donc entre guillemets et en italique. Le lecteur qui plonge dans une bibliographie où des articles et des livres sont mélangés peut savoir en un simple coup d’œil s’il s’agit de l’un ou de l’autre.


Page de couverture versus premières et dernières pages d’un livre: il existe 4 pages de couverture, nommées souvent pages de couv. La première étant la couverture où s’affichent le titre et le nom de l’auteur, la seconde est le verso de la première. La quatrième est l’arrière du livre où l’on peut trouver un résumé et quelques mots sur l’auteur. La troisième est le recto de la quatrième. Les pages de couverture aident à la préparation d’une bibliographie mais ce sont les premières et les dernières pages d’un ouvrage qui vous donneront tous les éléments constituant une entrée dans une bibliographie. Le dos d’un livre peut aussi vous aider.


Explications pour l’ouvrage d’Edouard Chavannes

Ici nous allons nous intéresser aux collections et au pages non numérotées.

Explications de la mise en page d'un livre dans une bibliographie - collection et pages non numérotées.
Explications de la mise en page d’un livre dans une bibliographie – collection et pages non numérotées.

En fonction des lois qui gèrent votre bibliographie dans votre Université ou tout autre organisme, la collection peut être optionnelle ou tout simplement non signalée. Pour ma part, je préfère toujours la mentionner car une collection peut indiquer le sérieux de l’éditeur et surtout parler à vos lecteurs.

Quant aux pages non numérotées, à vous de voir, mais si ces pages comportent des informations, mieux vaut les signaler.

Très important pour une soutenance : si vous rédigez une bibliographie, il est fort probable que vous ayez à soutenir un travail écrit à l’oral (Master – Doctorat ou autre). Commencez toujours par expliquer que vous allez traiter de la forme puis du fond. Concernant la forme, vous devez lister l’ensemble de vos erreurs en citant les numéros de pages de votre écrit : fautes d’orthographe ou de conjugaison, erreurs de mise en page et… comme je viens de le faire avec le livre d’Emily… oubli de la numérotation romaine, par exemple. Si vous répertoriez vos erreurs, les professeurs présents ne pourront jamais utiliser vos erreurs de forme pour vous déstabiliser. Vous leur prouvez que vous êtes capable de discernement et de recul face à votre propre travail. Quant au fond, c’est à vous de mettre en valeur votre étude, d’en peser les points positifs et négatifs et d’ouvrir les perspectives de vos travaux futurs. Courage, vous y arriverez !


Explications d’un cas exceptionnel : changement de titre – le cas de l’ouvrage de Jacques Pimpaneau

Il est très rare qu’un ouvrage change de titre et bien qu’ayant déjà cité cet ouvrage dans mes bibliographies lorsque j’étais étudiant, je ne m’étais jamais aperçu que Chine mythe et dieux s’intitulait quatre ans auparavant Mémoires de la cour céleste.

Explications de la mise en page d'un livre dans une bibliographie - Cas exceptionnel de changement de titre d'un ouvrage.
Explications de la mise en page d’un livre dans une bibliographie – Cas exceptionnel de changement de titre d’un ouvrage.

Dans ce cas précis, j’ai choisi de mettre entre parenthèses l’ensemble des éléments de la première édition mis à ma disposition. Pourquoi ? Par souci de clarté et pour prévenir la personne qui aurait lu « Mémoires de la cour céleste » que je parle du même ouvrage lorsque je cite « Chine mythes et dieux ».

Important : une bibliographie n’est jamais réservée à la personne qui la compose. C’est un outil destiné aux lecteurs qui permet de connaître les ouvrages qui nous ont aidés à formuler nos idées.

Bibliographies multilingues

En fonction du nombre d’ouvrages ou d’articles en langues étrangères, nous pouvons choisir de créer plusieurs bibliographies pour un même travail. Sauf mention contraire de la convention bibliographique, les langues française, anglaise, espagnole, italienne, portugaise et allemande sont la plupart du temps mélangées dans les bibliographies. Il s’agit de langues qui sont considérées comme accessibles pour un lecteur français.

Nous pourrions, à l’inverse, envisager de séparer les ouvrages par langues. Une bibliographie des ouvrages en français et une autre dont les entrées sont en langue anglaise, par exemple. Tant que la convention bibliographique nous en laisse libres, les deux méthodes sont bonnes.


Le cas d’une bibliographie en Chinois

Il n’est pas rare de voir une bibliographie en langue asiatique à la suite d’une bibliographie en langues occidentales. Ici nous parlerons d’une bibliographie pour des ouvrages en chinois.

Important : dès que la production écrite est en rapport avec la langue chinoise, il faut préciser quel sera le choix de la romanisation pour les termes ou nom chinois rencontrés dans votre travail. Si vous l’avez précisé dans votre introduction ou dans votre avant-propos, il serait tout de même appréciable de le repréciser succinctement en exergue de votre bibliographie. Ici nous choisissons le Pinyin.

Exemple avec un livre en chinois : 鄉土中國

Le nom de l’auteur : 費孝通

A peine nous penchons-nous sur le cas d’un ouvrage en chinois dans une bibliographie que le nom de l’auteur commence à nous poser quelque tracas !

Prenons un auteur connu des sinologues : FEI Xiaotong. Ici, il s’agit de la romanisation de son nom et de son prénom en Pinyin. En chinois simplifié, cela donne 费孝通. Mais FEI étant né en 1910, bien avant la réforme de l’écriture chinoise imposée par Mao Zedong, son nom devrait s’écrire 費孝通, c’est-à-dire en utilisant le chinois traditionnel.

Or FEI a publié aussi en anglais et son éditeur de l’époque avait choisi d’orthographier ainsi ses nom et prénom : Hsiao-Tung Fei.

Pour un classement par ordre alphabétique, il va falloir choisir une romanisation, ici nous choisissons le Pinyin. Mais comme une romanisation peut en chasser une autre dans la durée, il serait prudent de rajouter le nom en caractères chinois qui, jusqu’à preuve du contraire, ont une longévité plus importante. Nous aurons donc :

FEI Xiaotong 費孝通

Si une graphie occidentalisée (romanisée) est connue, on peut aussi par souci de clarté l’ajouter entre parenthèses. Idem pour la graphie chinoise simplifiée, ce qui donnerait rien que pour le nom et le prénom :

FEI Xiaotong (FEI Hsiao-Tung) 費孝通 (费孝通)

Espièglerie : en aucun cas il ne faut traduire un nom propre chinois en français. Personne n’oserait parler de Monsieur Poil à propos du Petit Livre Rouge !

Le titre : 鄉土中國

Le titre doit garder sa graphie chinoise mais dans les travaux des occidentaux le titre en chinois est souvent suivi d’une transcription phonétique. Nous choisirons encore le Pinyin. A mon avis, une traduction entre crochets serait un plus évident. Ce qui donnerait pour le titre :

鄉土中國, Xiāngtǔ zhōngguó [La Chine rurale]

Les autres éléments : date d’édition, éditeur, ville de l’éditeur et nombre de pages

Pour les autres éléments constituant une entrée dans une bibliographie, les règles restent les mêmes que pour les entrées en langue française. Encore une fois, par souci de clarté, il serait intéressant de traduire le nom de la ville et de rajouter « Editions : » avant le nom de l’éditeur chinois.

L’entrée complète pour ce livre en chinois deviendrait alors :

FEI Xiaotong (FEI Hsiao-Tung) 費孝通 (费孝通), (1947) 2006, 鄉土中國, Xiāngtǔ zhōngguó [La Chine rurale], Editions : 上海人民出版社, Shanghai, 426 pages.

Un auteur inconnu dans une bibliographie

Il peut arriver pendant ses études de tomber sur un ouvrage dont l’auteur est inconnu. Pour traiter son entrée dans un bibliographie, il suffit de le présenter ainsi :

AUTEUR INCONNU, date, titre, éditeur, nombre de pages

Si nous avons plusieurs auteurs inconnus dans notre bibliographie, nous devons trouver un moyen pour les distinguer. Par exemple, AUTEUR INCONNU 1, AUTEUR INCONNU 2.

Autres inconnues : si la date n’est pas précisée mais que l’auteur est connu, il serait important d’accoler au nom de l’auteur ses dates de naissance et de décès afin de pouvoir situer l’écrit dans le temps. Mais dans ce cas, il faut préciser « Date de publication inconnue ». S’il s’agit d’un manuscrit, le mentionner à la place de l’éditeur. Si les pages ne sont pas numérotées, à vous de compter !


Comment intégrer un article provenant d’Internet dans une bibliographie ?

C’est une question fréquente qui mérite que nous nous y attardions.

A priori, l’introduction d’un article provenant d’un blog ou d’un site Internet ne pose pas de problème. Voici un exemple concernant mon dernier article :

LE CHEVOIR Patrick, 2020, « Du Larousse Manuel Illustré de 1962 à la loi de sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong en 2020« , in livresquejaime.fr, https://livresquejaime.fr/2020/11/02/du-larousse-manuel-illustre-de-1962-a-la-loi-de-securite-nationale-imposee-par-pekin-a-hong-kong-en-2020/


Quelques réserves

A posteriori, j’émets quelques réserves quant aux entrées d’articles provenant d’Internet. Mieux vaudrait créer une deuxième bibliographie pour ne pas mélanger Internet et publications physiques.

  • Un article sur un blog peut être modifié à sa guise par son auteur. L’article cité dans notre bibliographie ne correspondra pas forcément à l’article en ligne.
  • Un article sur Internet est volatile, il peut à tout moment ne plus exister.
  • Le lien peut avoir changé et celui que nous avons cité sera caduque.
  • Le site Internet ou le blog n’existera plus.
  • Rien ne vous prouve que l’article soit réellement de l’auteur du blog ou du site. Il y a malheureusement des personnes en manque d’inspiration qui copient et collent sans citer…
  • La transmission pour les générations futures n’est pas certaine.


Papier versus dématérialisation

Je vais en faire sourire plus d’un et passer pour un réactionnaire alors qu’il n’en est rien.

Lorsque j’ai utilisé pour la première fois un ordinateur, mon premier support était une cassette audio pour enregistrer les lignes de programmation. Puis, pour enregistrer mes mes premiers travaux écrits, j’ai manipulé les énormes disquettes souples de 8 pouces. Avec l’avènement de la disquette 3,5 pouces, j’ai pu enregistrer mes articles et mes exposés ! Internet, puis les clefs USB, le cloud etc.

Concernant mes premiers écrits, les articles et travaux que j’ai en ma possession sont uniquement ceux dont j’avais fait une sortie papier. La course aux techniques de pointe et à la performance est incompatible avec la transmission des données sur le moyen et long terme.

Regardez la photo ci-dessous et dites-moi si vous pouvez garantir la transmission de vos écrits dématérialisés jusqu’en l’an 2254 ? Je n’ai pas la réponse.

234 années nous séparent actuellement de l'impression de cet ouvrage.
234 années nous séparent actuellement de l’impression de cet ouvrage qui vit le jour 3 ans avant la Révolution française.

Vous pouvez très justement m’opposer le fait qu’un livre peut se perdre ou être détruit par le feu ou l’eau. Ce qui est vrai pour les livres l’est aussi pour les serveurs qui n’apprécient ni les brasiers ni les inondations. Une pierre, un papyrus, un parchemin, un livre sont des éléments du domaine physique.

Enterrez la Pierre de Rosette et vous trouverez un Champollion pour la déchiffrer. Emmurez les tablettes de bambou des enseignements de Confucius, laissez passer l’autodafé et ressortez les quelques générations plus tard !

Le Yangzi Jiang, ce fleuve tumultueux d’une époque révolue, a absorbé plus d’une âme et plus d’un ouvrage. Les mers et les océans sont les plus grandes bibliothèques diluées du monde. Les autodafés n’ont rien à envier à l’élément aquatique ! Mais les quelques étagères restées à terre au cours de l’Histoire rendent accessibles à tous, à la lueur d’une bougie ou sous les rayons du soleil, les écrits du passé qu’elles contiennent.


A partir de quel âge apprendre à réaliser une bibliographie ?

Apprendre à réaliser une bibliographie c’est apprendre à manipuler les livres. Dès que les mécanismes de la lecture sont acquis ou sont en cours d’acquisition, il est possible d’initier de jeunes enfants à la bibliographie.


Initiation des tous petits à la bibliographie

Classer physiquement 3 livres par ordre alphabétique des auteurs est un bon début qui permet de différencier les noms des prénoms. Les tous petits en sont capables et le côté manipulation est loin d’être désagréable dans un monde où le virtuel leur est déjà acquis !

Le classement alphabétique et physique peut aussi se porter sur la première lettre du titre.

Un autre élément lié aux bibliographies peut être abordé sans aucun problème : reconnaître l’éditeur. Il suffit d’expliquer aux enfants le rôle d’un éditeur et de connaître deux termes : éditions et presses. Plus un livre est manipulé, plus il devient familier et plus les appréhensions disparaissent.

A l’aide des livres, il est loisible de s’intéresser aux chiffres arabes et aux chiffres romains. Pour ajouter de l’exotisme, pourquoi ne pas présenter un livre en Chinois Traditionnel ? Lorsque l’on connaît les dix premiers chiffres, on peut écrire jusqu’à 99 !

Chiffres écrits en françaisChiffres arabesChiffres romainCaractères chinois
Un1I
Deux2II
Trois3III
Quatre4IV
Cinq5V
Six6VI
Sept7VII
Huit8VIII
Neuf9IX
Dix10X
Vingt20XX二十
Cinquante trois53LIII五十三
Quatre-vingt-dix-neuf 99A vous de trouverA vous de trouver
Chiffres écrits en français, chiffres arabes, chiffres romains et caractères chinois désignant les chiffres.

Si vous venez de vous prêter au jeu du sondage sur le nombre 99, vous conviendrez aisément que la face ludique de l’apprentissage peut toujours servir ! Je vous ai parlé d’un livre en chinois traditionnel car le sens de la lecture est inversé par rapport au nôtre : la lecture s’effectue de droite à gauche et de haut en bas. Le fait de présenter des ouvrages avec des graphies différentes ouvre les esprits et efface l’appréhension face à un livre en français par la suite.

Cela n’engage que moi mais avant d’entrer en 6ème, les enfants devraient être capables de rédiger une bibliographie dans les règles de l’art. C’est une des clefs de la recherche au cours des études, je vous en présenterai d’autres.


Conclusion

S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir à propos d’une bibliographie, ce serait qu’il s’agit d’une convention.

Nous avons vu qu’il existait deux principaux types de bibliographies, l’une ne concernant qu’un seul auteur, l’autre établie à l’aide d’ouvrages de plusieurs auteurs sur un même thème. Nous avons ensuite répertorié les éléments constitutifs d’une bibliographie en cherchant à répondre aux différents cas de figure. Quant aux bibliographies multilingues, nous nous sommes focalisés sur l’entrée d’un ouvrage en chinois à titre d’exemple pour répondre aux problèmes que soulevaient une langue étrangère.

Les éléments constitutifs manquants ont été abordés pour présenter la manière de traiter les entrées concernées.

La bibliographie peut être constituée de différents supports, du livre en passant par l’article édité dans une revue ou sur Internet. Des problèmes semblent liés aux ressources documentaires dématérialisées face à la course incessante de l’innovation.

Une bibliographie est un outil qui s’adresse aux lecteurs. Elle permet de connaître les bases sur lesquelles s’est construit la réflexion du travail présenté et offre aussi la possibilité de s’y replonger.

Quant à l’initiation à l’outil bibliographique, il serait de bon ton de préparer les élèves à son approche et à sa réalisation pendant l’école élémentaire. Il n’y a, en effet, aucune difficulté notoire à l’apprentissage de la méthode bibliographique dès que les mécanismes de la lecture sont acquis.

L’un des réflexes à acquérir lors des études, qu’elles soient supérieures ou non, est de noter dès le départ des recherches le moindre livre en rapport avec notre travail dans la bibliographie. Cette méthode permet de gagner du temps car il n’y a rien de plus frustrant que de réaliser une bibliographie à la fin d’un écrit ! Il faut alors rechercher les livres et articles dont certains d’entre eux ne seront peut-être plus disponibles à la bibliothèque.

Contrairement à une introduction ou à une conclusion qui forment les étapes finales d’un écrit, la bibliographie voit le jour dès le départ de nos recherches.

Patrick Le Chevoir

Pour citer cet article :

LE CHEVOIR Patrick, 2020, « Comment faire une bibliographie », in livresquejaime.fr, https://livresquejaime.fr/2020/11/09/comment-faire-une-bibliographie/

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