Désintégration ?

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L’intégration est-elle un échec depuis quelques décennies en France ?

L’état de notre France m’inquiète. Pour la première fois de ma vie, je pense à l’exil car je ne retrouve plus les valeurs qui me rendaient fier d’être Français… Après la lecture de ce papier, vous serez à même de répondre à la question suivante : l’intégration est-elle un échec depuis quelques décennies en France ?

Je profite de cet article pour dire à nos policiers, à nos gendarmes, à nos pompiers et à nos militaires : je vous aime et vous respecte ! J’avais ouvert ce blog à des fins de partages mais le cœur n’y est plus…

Etre Français… ça a du sens !

Pour illustrer la question identitaire, imaginez un Français qui se retrouve en Chine, comment se définirait-il si la question suivante lui était posée par un Chinois : « d’où êtes-vous originaire? ». Il se définirait certainement comme Européen. Puis arrive un Allemand qui lui pose la même question. Il se définira alors comme Français. Un second Français venant de Normandie se mêle à la conversation et notre premier Français se détermine alors comme d’origine bretonne. Une nouvelle personne se dit du Finistère, notre Européen Français Breton ajoute alors qu’il est des Côtes d’Amor. Puis il se définira comme étant du Trégor, de telle ville, de tel quartier, de telle rue au fur et à mesure que son vis-à-vis changera et aura une origine de plus en plus intime avec la sienne.

Se définir comme étant de tel ou tel pays n’est pas aisé mais un élément reste essentiel : l’Autre ! On ne peut se définir que par opposition et en fonction de l’éloignement ou de la proximité de cet Autre.

Par contre, être Chinois, être Allemand ou être Français nécessite une base, un fond commun qui doit être partagé par tous. Si nos personnalités politiques nous assurent que la République, l’Ecole, la Laïcité etc. forment ce fond commun, sous la lorgnette de l’ethnologie, ce fond commun est bien plus riche et bien plus complexe.

J’ai listé quelques points qui me paraissent importants concernant la notion d’intégration. Cette liste est loin d’être exhaustive mais elle permettra de toucher quelques aspects sensibles et non négligeables.

L’intégration par l’alimentation

Denrées intégratrices à Taiwan

Lorsque j’ai effectué une ethnographie sur un groupe de sculpteurs de Yilan (宜蘭市) à Taiwan, j’ai réalisé l’importance des aliments que je nomme « aliments intégrateurs », ces denrées et boissons qui sont la serrure, la clef et la porte d’entrée à un groupe.

A Taiwan, j’ai répertorié 4 de ces aliments : le riz blanc, le thé, le Chou Do-fu et les Pi-dan. Il existe comme une gradation les concernant. Les deux premiers, riz blanc et thé, sont une base commune facile à identifier, ils sont comparables à la serrure. Le Chou Do-fu 臭豆腐, littéralement le Do-fu puant et les Pi-dan 皮蛋, nommés œufs de cent ans en français, sont la clef déverrouillant la serrure. A mon avis, ces deux derniers aliments sont les plus intéressants car ils sont reconnus comme difficiles à manger pour les personnes extérieures au groupe.

Le Chou Do-fu, comme son nom l’indique en chinois est vraiment puant ! Un stand de Chou Do-fu dans un marché de nuit est repérable olfactivement plusieurs dizaines de mètres avant le lieu de dégustation ! Quant aux Pi-dan, ces œufs de cent jours, en voici la description : imaginez des œufs durs, il faut donc leur ôter la coquille. Là, surprise ! Le blanc est gélatineux et noir ! Une odeur tintée d’un léger parfum d’ammoniac avertit le néophyte que le goût sera étrange. Ce parfum se confirme lorsqu’on croque dans l’œuf qui laisse apparaître un jaune devenu verdâtre !

Je me souviens de la sidération d’un voisin des sculpteurs me voyant manger un Pi-dan avec mes amis statuaires qui lui rétorquaient que j’étais des leurs puisque j’arrivais à en manger !

Denrées intégratrices en France

A chaque pays correspond des aliments intégrateurs, la France ne déroge pas à cette règle. Voici, à mon avis, les denrées intégratrices françaises : le pain, le vin, le saucisson sec et le camembert.

Le pain et le vin répondent au riz blanc et au thé des Taiwanais. Notons ici que le pain comme le vin sont intimement liés au Christianisme. Le saucisson sec que l’on partage comme le camembert sur une tranche de pain n’est pas un aliment anodin, il s’agit bel et bien d’un aliment s’opposant aux zones d’interdit alimentaire concernant le porc. Le découpage géopolitique des mangeurs et non mangeurs de viande porcine est intéressant car il démontre facilement que les denrées excluantes (ici les interdits alimentaires) ont autant d’importance que les denrées intégratrices, elles servent de frontières entre deux groupes :

Si tu manges ce que je mange, tu es ce que je suis et, si comme moi, tu ne manges pas ceci, tu fais partie de mon groupe. L’alimentation est l’une des frontières les plus anciennes au même titre que la langue.

Notez au passage que les aliments intégrateurs sont ceux que nous souhaitons partager en priorité avec celui qui n’est pas du groupe ! Un autre mécanisme s’impose, celui du défi : es-tu capable de manger ce que je mange ?

Au même titre que le Chou Do-fu pour un Français à Taiwan, le camembert – bien fait au lait cru – est un supplice pour un Taïwanais débarquant en France ! Il s’agit d’un jeu identitaire des plus fascinants car le jour où l’habitant de Formose arrivera enfin à manger du fromage au goût prononcé, il en sera fier et le déclarera haut et fort comme le Français qui peut taquiner ses propres papilles à l’aide du Chou Do-fu lors d’un repas entre amis à Yilan !

La géopolitique des spécificités alimentaires est toute aussi intéressante que la géopolitique des interdits alimentaires. Les peuples à fromages s’opposent aux peuples sans fromage. Le fromage, je devrai dire « le formage », est l’un des aliments les plus passionnant dès que l’on s’intéresse à l’Histoire des peuples navigateurs. La forme des fromages de Hollande, par exemple, est liée à son passé historique maritime.

Manger n’est pas un acte anodin, c’est un acte qui contribue à l’intégration à un groupe donné. Dès qu’un interdit alimentaire existe, il sert à resserrer les liens entre les membres d’un groupe et à en exclure les autres.

Les frontières dressées par ce que nous mangeons sont réelles. La Chine du Nord, par exemple, s’oppose à la Chine du Sud : le blé s’oppose au riz. Cette frontière n’était pas que symbolique car les rizières inondées étaient bien un obstacle pour un envahisseur à cheval.

L’intégration par la langue

J’ai eu la chance d’enseigner à plusieurs reprises la langue française à des étrangers en France. A Paris, mes étudiants étaient de jeunes adultes venus fraîchement des quatre coins du monde pour étudier dans l’Hexagone. J’avais des classes de différents niveaux allant des débutants jusqu’aux avancés. Plus tard, à Epinay-sur-Seine, j’ai enseigné le Français à un public pré-alpha et alpha.

Lorsque nous parlons de public pré-alpha, il s’agit de personnes n’ayant jamais été scolarisées dans leur pays d’origine et ne sachant pas manier un stylo. Un public alpha, quant à lui, est constitué de personnes ayant eu des rudiments d’enseignement scolaire dans leur pays d’origine.

Vous remarquerez que j’ai utilisé le terme « étrangers » pour mes étudiants à Paris, mais concernant les habitants d’Epinay-sur-Seine, il s’agissait de primo-arrivants et aussi de personnes résidant en France depuis de longues années mais ne parlant pas notre langue ! Certaines d’entre elles devaient être françaises devant la loi, mais devant leur propre quotidien, elles étaient étrangères à leur pays d’accueil car elles ne pouvaient échanger qu’avec d’autres personnes parlant leur langue d’origine. Je ne parle même pas du désarroi de vivre dans un pays de l’écrit sans pouvoir déchiffrer la moindre lettre !

Je fus le premier prof de français masculin des centres socio-culturels d’Epinay-sur-Seine ! Il y avait… comment dire… comme un accord tacite entre l’ancienne municipalité récemment défaite aux élections municipales et certains contre-défenseurs de la mixité…

Je fus non seulement le premier prof homme mais je n’acceptai le poste qu’à une seule condition : que mes cours soient mixtes ! Incroyable de vivre ça en France, non ?

Lors des pré-inscriptions, je recevais les appels des personnes qui souhaitaient qu’un membre de leur famille puisse suivre les cours de Français. Certains dialogues m’ont marqués à vie ! Je vous en livre un exemple :

Je souhaiterais inscrire ma femme aux cours de Français.

Je posai alors quelques questions :

« Oui Monsieur ! Le nom et prénom de votre épouse ?… D’accord, c’est noté. Pardon ? Le nom du professeur ? C’est moi, je m’appelle Patrick ! »

Mais ce n’est pas possible !

« Pardon ? Qu’est-ce qui n’est pas possible ? »

Vous êtes un homme !

« Ha oui, je vous le confirme et alors ? »

Alors vous ne pouvez pas enseigner le français à ma femme !

« Je vous rassure, j’ai enseigné le français en France et aussi à l’étranger ! »

Oui, mais vous êtes un homme !

« Et oui, je suis un homme. Mais en France, Monsieur, ça ne pose aucun problème, un professeur peut être un homme ou une femme. D’ailleurs, j’ai oublié de vous préciser que mes cours seront mixtes ! Il y aura donc des hommes et des femmes dans mes cours ! »

Alors ma femme ne viendra pas !

Quelle tristesse ! Malgré les dire et les réserves de certaines personnes proches des centres socio-culturels, mes cours eurent lieu, ils furent mixtes et je fus fier de mes étudiants ! Pour vous situer l’époque, je préciserai que les Tours Jumelles venaient de tomber… D’ailleurs, je me souviens bien où j’étais quelques jours plus tard, lors de la minute de silence que les sirènes de la ville venaient d’annoncer. J’étais avec ma fille dans le parc de la Chevrette. Nous nous étions assis tous les deux sur un banc pour nous recueillir et j’ai failli vomir en entendant les cris de joie caractéristiques qui violaient ce moment solennel ! Passons…

La langue est un facteur essentiel à l’intégration. En France, la langue est le Français, et les termes France et Français ne sont ni des insultes ni des gros mots.

L’intégration par la tenue vestimentaire

En France, la loi nous permet de nous habiller comme nous le souhaitons et nous ne permet pas de nous promener nus dans la rue. Mais le domaine légal n’est qu’une infime composante identique aux autres éléments culturels dont la réunion font la culture d’une Société. La culture du vêtement est un aspect important d’un pays, quel qu’il soit. Il existe même des survivances vestimentaires qui datent de plusieurs siècles et dont nous ne soupçonnons pas l’existence. Nous sommes le fruit de notre Histoire commune qui respire dans nos objets du quotidien.

Un bon exemple d’intégration par la tenue vestimentaire est celui d’une personne qui s’inscrit dans l’Histoire de la Chine, Matteo RICCI (1555-1610), membre de la Compagnie de Jésus : c’est grâce aux habits de Lettré que Matteo RICCI put entrer à Pékin et non avec ses habits de Jésuite ou ceux des moines bouddhistes.

Le vêtement à l’instar de la nourriture est un moyen d’affirmer son appartenance à un groupe. Pour rejoindre un groupe ou un pays hôte, adopter les coutumes vestimentaires autochtones permet l’intégration.

L’intégration par les stupéfiants et autres produits dangereux

L’intégration par les stupéfiants et autres produits dangereux nous permet d’entrouvrir une réalité entre le domaine endogène et exogène. Tant qu’une drogue est endogène et encadrée par des rites acceptés par une Société donnée, sa dangerosité est maîtrisée. Il peut s’agir de matières stupéfiantes liées au calendrier lunaire ou solaire à dates mobiles ou fixes, à un rite de passage, etc. Les prises de ces substances sont donc rares et consommées à une occasion bien précise. Elle permet l’intégration à un groupe donné.

Par contre, l’arrivée d’une drogue exogène engendre toujours de graves problèmes à une société car aucun cadre coutumier, aucune barrière rituelle ou historique n’existent. Jamais un cadre légal venant soudainement l’autoriser ne réglerait les désastres dus à cette drogue venue de l’extérieure.

De la même manière, la perte de valeurs rituelles peut provoquer un désordre et engendrer les mêmes problèmes concernant une substance endogène.

L’intégration par les rites de passage

Il ne reste plus grand chose d’une société sans rite de passage. En France, ils s’amenuisent de plus en plus. Les deux principaux ne laissent aucun souvenir aux intéressés, et pour cause, il s’agit de la naissance et de la mort.

Ces deux rites de passages naturels sont devenus plus des actes médicalisés que ritualisés ! Nous avons même vécu l’impensable lors de l’épidémie de Covid-19 lorsque les familles n’ont pas pu accompagner leurs êtres chers vers « le Grand Voyage ». C’est tout simplement inadmissible !

Je ne parlerai pas du mariage, car à mon avis, François HOLLANDE lui a fait perdre son sens.

Le dernier vrai rite de passage était le service militaire qu’il aurait été préférable d’ouvrir à la gente féminine plutôt que le supprimer.

Certains pensent que l’école avec ses successions de classes forment un ou des rites de passage. A mon avis, ils ont tort. Ce n’est pas parce que quelqu’un travaille tous les jours au même endroit que la notion de rite est acquise. Un rite de passage nécessite un changement d’état, du non-né au né, de l’enfant ou de l’adolescent à l’adulte, du célibataire au marié, du vivant au mort. Ce changement d’état doit s’opérer à l’aide de paroles et (ou) d’actes ritualisés.

Un lycéen qui va chercher ses résultats du bac s’agglutine avec ses camarades devant la feuille épinglée sur un mur pour y trouver son nom et ses notes, c’est tout. Il a beau passer de l’état de non bachelier à l’état de bachelier, il ne s’agit pas de rite de passage.

J’ai bien peur qu’une société sans rite de passage n’existe qu’individuellement, et par définition ne soit plus.

L’intégration par l’Histoire

J’ai entendu dire qu’il fallait déconstruire l’Histoire de France ! L’appauvrissement neuronale touche donc les sphères les plus hautes de notre société… passons… avançons… laissons de côté ceux qui vendent l’âme de la France.

L’Histoire de France ne commence pas avec la Révolution française de 1789. Notre ADN historique est bien plus ancien que le concept même de France. Nous partons en vacances durant le mois de Jules ou celui d’Auguste, ne les oublions pas ! Les deux premiers César traversent l’Histoire, les pseudos Jupiter quinquennaux resteront dérisoires !

Jupiter… Jupiter… Jupiter… Ne serait-ce pas ce Dieu qui chassa son Père, Saturne, pour régner à sa place ? Pardonnez-moi cette expression triviale, mais lorsque je vois nos Saturne et Jupiter, je ne peux que me gausser et me féliciter de connaître un peu la mythologie romaine et grecque.

L’Histoire, la Mythologie et la Cosmogonie sont des piliers culturels qui permettent l’intégration à un pays donné.

Lorsque je me trouve à Keelung 其龍市, au Nord de Taiwan, je pense aux Français et aux Chinois qui se sont entre-tués. Lorsque je me trouve à Ma-Gong 馬公市, dans les îles Penghu 澎湖, l’amiral Courbet me vient à l’esprit. L’Histoire est violente, mais s’intéresser à l’Histoire du pays hôte est l’un des meilleurs moyens de s’y intégrer.

L’intégration par le prénom

Il est un prénom qui a récemment fait la une de notre actualité, un prénom français qui n’aurait sa place que dans les pages des ouvrages de nos bibliothèques ! Il suffirait que les personnes s’en plaignant utilisent pour leurs enfants des prénoms français mis à leur disposition pour pallier ce problème.

En fait, je ne pense pas que cette actualité fut le fruit du hasard, permettez-moi d’en douter car le prénom choisi n’était pas n’importe quel prénom : Pierre ! Je vous laisse méditer la citation suivante pour comprendre le mécanisme d’opposition systématique dû soi-disant au hasard d’un choix :

« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. »

Il serait intéressant de faire une étude sur les différents prénoms utilisés pour les enfants nés en l’Hexagone de la génération G+1 issus de parents étrangers venus s’intégrer en France au cours des différents flux migratoires de notre Histoire. Qu’en est-il de la génération G+2, G+3 ? Une telle étude éclairerait sur les intégrations réussies ou non.

Bien que mes amis de Formose me connaissent depuis les années 1990, aucun d’entre eux ne connait Patrick LE CHEVOIR, mais tous connaissent 樂小龍 . Je ne renie pas pour autant mon prénom, mon nom et mon pays d’origine lorsque je débarque à l’aéroport de Taoyuan, j’utilise simplement un patronyme adapté à mon pays hôte.

Quelque soit le pays hôte, un prénom issu de ce pays est une aide indéniable à l’intégration.

L’intégration par la culture

De nombreux ethnologues ont tenté de définir ce qu’était la Culture. A mon avis, l’essence du culturel, c’est le tacite. En effet, les membres d’un même groupe ne s’amusent pas à lister chaque matin les traits de leur propre culture puisque par définition leur ADN culturel est commun, connu de tous et le plus souvent pensé comme naturel.

Le culturel s’infiltre dans chaque geste du quotidien, dans chacune de nos postures. Se coucher, marcher, s’asseoir, manger sont autant d’actions rythmées par notre culture.

Depuis un an et demi, nous entendons beaucoup parler de « distanciation sociale » ou de « distanciation physique ». Si on nous rabâche autant ce concept lié à la pandémie de Covid-19, c’est parce que cette distanciation ne correspond nullement à notre distanciation culturelle.

Pour en revenir à la notion d’intégration, s’intégrer c’est accepter et faire sienne la culture du groupe hôte. Lorsque l’on refuse sciemment d’agir ainsi, on recherche la confrontation. Il ne faut jamais sous-estimer le seuil de tolérance culturel du groupe hôte. Ce seuil est franchi dès que le groupe se sent en danger à cause d’un apport extérieur qui ne correspond pas à ses propres valeurs.

Voici l’extrait d’un article que j’ai écrit en 1997 et qui illustre bien les erreurs qui peuvent compromettre l’intégration dans un pays hôte. Il me servira de conclusion :

Au début de mon séjour à Taiwan, rien ne m’énervait plus que d’entendre dire que, étant français, je pouvais donc lire et parler anglais puisque nos deux pays utilisaient les mêmes lettres de l’alphabet. Ce à quoi je répondais par la négation la plus brutale et dans tous les cas, mes interlocuteurs ne poursuivaient pas la discussion. C’est un ami qui enseignait le Taiqi Quan qui m’ouvrit les yeux sur mon erreur :

« Le monde est un cercle, la société chinoise est un cercle et les relations sociales aussi. Si quelqu’un te donne un coup de poing et que tu bloques ce coup, vous vous faites mal tous les deux, il n’y a pas de cercle. Il ne comprendra pas son erreur et du même coup vous serez tous les deux mauvais et dans l’erreur. Mais si tu utilises la force qu’il t’a transmise et que ton bras opposé au coup qu’il t’inflige vient le frapper, tu resteras un homme bon car tu auras utilisé le cercle et c’est lui-même qui se sera frappé : il comprendra son erreur ! Il faut utiliser l’erreur de l’autre, ne pas la contrer.« 

A partir de ce soir là, mes relations avec les Chinois s’amélioraient et d’un point de vue rhétorique, j’affinais considérablement mon style :

« Ha, vous êtes français ! La langue française, c’est pareil que l’anglais…« 

« Oui, c’est pareil ! C’est comme la langue chinoise et le japonais.« 

« Mais le français et l’anglais, c’est différent, n’est-ce pas ?« 

« Oui, ce n’est pas pareil. Le japonais et le chinois sont aussi des langues différentes… » et la discussion pouvait suivre son cours tranquillement car l’affrontement n’avait pas eu lieu et la conciliation de l’autre permettait une cohabitation paisible et harmonieuse.

Patrick LE CHEVOIR, extrait tiré de l’article « L’énigme du parapluie – Essai d’interprétation sur les rapports qu’entretiennent les Chinois avec la nature », in Anthrœpotes, Volume I -4, Hiver 1996-1997, p. 29

Patrick Le Chevoir

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