Et si les chats disparaissaient du monde – Genki KAWAMURA

Article non sponsorisé

Petite digression sur l’actualité californienne

Acheter un livre par hasard reviendrait à entrer dans une librairie les yeux bandés, à tendre les bras et à acheter le premier ouvrage que nos doigts toucheraient. Comme je vous l’ai déjà mentionné dans la présentation de ce blog, le hasard n’existe pas !

Si vous me suivez maintenant, vous vous êtes aperçus que l’Asie est une partie du monde qui m’attire. Aussi étrange que cela puisse être, perdu dans les vignes entre Libourne et Bordeaux, la plupart de mes amis se trouvent à l’étranger et beaucoup d’entre eux vivent à Taiwan. Comme je comprends l’obsession de Louis-Antoine de BOUGAINVILLE à reproduire la végétation polynésienne dans ses propres serres en France !

Vous finirez certainement par vous habituer à mes digressions. Contrairement à Claude LEVI-STRAUSS, j’adore les voyages et les explorateurs ! Par contre, je puis vous assurer que la Seine Saint-Denis que j’ai habitée n’a rien à voir avec la Californie, n’en déplaise à notre Président qui confond aussi le Moyen-Age et notre époque. Pauvre France !

Contrairement à notre Président, j’ai habité Saint-Ouen, Saint-Denis et Epinay-sur-Seine. Cette Californie macronienne, je l’ai quittée pour que mes enfants puissent suivre un parcours scolaire normal et qu’ils ne soient pas confrontés à la violence. Je pèse mes mots, je sais de quoi je parle. Notez aussi qu’il n’y a pas que les Français de souche qui quittent le 93. Notre président ignore de quoi il parle, c’est pathétique ! Que tous nos ministres actuels mettent leurs enfants à l’école publique dans le département de la Seine Saint-Denis puisqu’émergera là-bas cette Californie. La Seine Saint-Denis est un département sinistré. Que le lecteur de passage lise l’article intitulé « Désintégration » ou mieux encore, qu’il parte visiter cette Californie imaginaire sortie tout droit d’un piètre esprit !

Passons… mais n’oublions pas !

J’aime donc les voyages et l’Asie (et les digressions). Lorsque j’ai trouvé le livre de Genki KAWAMURA sur l’une des étagères de la librairie, son nom à consonance japonaise m’a attiré. Puis le titre ! Et si les chats disparaissaient du monde… J’aime aussi les chats, vous l’aurez deviné. La quatrième de couverture où est situé le petit résumé de présentation m’ayant intrigué, j’ai donc acheté ce livre.

Présentation de l’ouvrage « Et si les chats disparaissaient du monde… »

Contrairement au papier sur le roman « Les Délices de Tokyo » de Durian SUKEGAWA où j’ai sciemment omis de vous parler du thème car il s’agissait de l’énigme de l’ouvrage, ici je peux vous le dévoiler.

En effet, dès les premières pages comme sur la quatrième de couverture, tout est dit : il s’agit de l’histoire d’un homme dont les jours sont comptés. Le Diable lui apparaît et lui propose un marché, celui de gagner une journée de vie contre la disparition totale et définitive d’un objet sur l’ensemble de la surface de la Terre.

L’emballage, cette histoire de marché avec le Diable, a titillé mon imagination. Sous quel angle l’auteur allait-il aborder la disparition d’un objet ? Où allait se dérouler l’action, dans quel pays ? J’espérais fortement le Japon, histoire de voyager aussi…

Et puis le thème de l’ouvrage ! La Mort ! Ce n’est pas un sujet facile – je n’affirme pas cela pour dénoncer la tristesse du sujet – il ne s’agit pas d’un sujet facile car il faut être à la hauteur de la Faucheuse pour l’aborder.

Le cocktail ainsi représenté, j’ai donc ouvert et lu ce livre.

Mon avis sur « Et si les chats disparaissaient du monde… »

En fait, je suis partagé et par honnêteté intellectuelle, je vais d’abord lister les points qui m’ont gênés et qui me pousseraient à vous dire : évitez de le lire. Puis, je vous donnerai les points qui me semblent intéressants et qui me conduiraient à vous déclarer : n’hésitez pas à le lire !

Evitez de le lire si…

…vous recherchez l’exotisme :

Si vous êtes à la recherche d’exotisme, de voyage au Pays du Soleil Levant, vous serez à coup sûr déçus. Bien que l’action se déroule au Japon, cette dernière aurait très bien pu prendre place dans n’importe quel pays. N’importe quel pays ? Non ! Plutôt dans un pays judéo-chrétien car le Diable, bien qu’excentrique, est bel et bien l’Ange déchu de l’Ancien Testament.

Je ferai le même constat concernant la culture japonaise, les rares mentions ne sont qu’anecdotiques et n’ont aucun intérêt réel.

Vous l’aurez compris, concernant le voyage j’ai été déçu par ce livre.

Lisez le peut-être si…

…vous aimez les chats :

Si vous aimez les chats, le titre de la traduction française « Et si les chats disparaissaient du monde… » vous laissera peut-être sur votre faim. Il est possible qu’au Japon le chat ait une symbolique différente de la nôtre, mais ne la connaissant pas je ne peux que supputer.

Si nous nous intéressons de plus près au titre, nous nous apercevons que le titre original de la première traduction française était « Deux milliards de battements de cœur ».

Je me suis donc demandé quel était le titre original en japonais. Il correspond bien à la traduction française « Et si les chats disparaissaient du monde… » Pour les puristes : 世界から猫が消えたなら

J’avoue que « Deux milliards de battements de cœur » était bien trouvé. Vous comprendrez pourquoi en le lisant. Un chat est certainement plus vendeur qu’un rythme cardiaque. Un chat c’est mignon, c’est doux, c’est chaud, c’est moelleux…

Concernant les chats… je n’ai pas été subjugué.

… le pacte « 1 jour de plus, 1 objet de moins » avec le Diable vous intrigue

Certes, l’accoutrement du Diable et son physique sont intéressants, ou plutôt surprenants. Mais nous comprenons vite que son physique détermine le port de ses vêtements. Je ne vous en dit pas plus, vous le découvrirez.

Honnêtement, l’idée du pacte m’a plu mais son développement beaucoup moins. Je ne suis pas un bon lecteur de roman, comme je vous l’ai déjà dit, je m’ennuie vite si ne n’apprends rien.

Je pense que j’en demandais trop à ce livre. Les objets techniques me fascinent, leurs histoires aussi. Cette histoire d’objets effacés de la surface de la Terre m’a instantanément fait penser à Marcel MAUSS, à André LEROI-GOURAN, à André-Georges HAUDRICOURT et à François SIGAUT

Ce sont donc mes a priori qui ont pesé sur ce que je retiens de l’ouvrage a posteriori. Il y a certes des idées, des formulations pertinentes sur la disparition du premier objet, par exemple, mais la vision personnelle et non universelle d’une telle perte reste étriquée. Que dire de l’objet effacé le jeudi ? Pas de chance, l’histoire du découpage temporel me fascine à travers les âges et les peuples !

Pour définir mon ressenti face à mes attentes, j’utiliserai l’analogie suivante : l’impression de m’être trompé de train… et le train n’y est pour rien !

N’hésitez pas à le lire si…

…vous souhaitez entrer dans la tête du narrateur

Mettez-vous un instant dans la peau de ce jeune homme qui apprend qu’il va mourir dans quelques jours. Le décor est posé ; là réside l’âme de cet ouvrage. A quoi penseriez-vous ? A qui penseriez-vous ? Que feriez-vous de votre dernière semaine ? Du début à la fin du livre de Genki KAWAMURA, les pensées de ce jeune trentenaire sont couchées sur le papier.

Est-ce réussi ? Oui. Et la simplicité des sentiments donne chair à cet homme qui cherche a trouver l’essence d’une vie en à peine sept jours.

…le thème de la mort vous intéresse

La mort ! Thème universel par excellence ! Bien qu’universelle, la Mort n’en est pas moins imprévisible, elle frappe à l’aveugle sans critère d’âge.

Deux catégories de lecteurs s’opposent alors. Ceux qui n’ont pas été encore confrontés à la Faucheuse, et ceux qui la connaissent pour l’avoir vu frapper très près d’eux. Pour les premiers, ce livre sera une expérience attirante ; pour les seconds, cet ouvrage résonnera autrement.

Il faut que je fasse amende honorable ! Au début de ce papier, j’ai insisté sur le fait que le voyage au Japon n’était pas au rendez-vous. Il s’agissait d’une de mes attentes, c’est tout. Par contre, si nous considérons « Et si les chats disparaissaient du monde… » sans a priori, sans attente, nous pourrions déclarer que cet ouvrage, de par l’universalité de son thème, réussit le pari de nous emmener nulle part ou partout, ce qui revient au même. Nulle part ! A l’exception d’un lieu bien déterminé, celui où résident les pensées du narrateur.

J’insiste sur les deux catégories de lecteurs car elles me semblent déterminantes pour appréhender l’écrit de Genki KAWAMURA. Les néophytes y trouveront leur compte. C’est peut-être un peu moins vrai pour ceux qui ont déjà été confrontés à la Faucheuse.

En effet, ici, la Mort n’est présentée que de manière annoncée. C’est un type de décès bien particulier même si le narrateur n’apprend l’imminence de sa propre mort que quelques jours avant l’heure fatidique. Croyez-moi sur parole, la Faucheuse n’est pas si prévisible !

Est-ce que je regrette d’avoir lu ce livre ? Non ! Certains passages résonnent ; la relation père-mère-fils est bien traitée, sans fioriture. La fin est astucieuse pour ceux qui apprécieront la notion de cycle. Et pour conclure, je demanderai de l’aide à Forrest GUMP : « C’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet… »

Patrick Le Chevoir

Droits d’auteur : tous droits réservés.

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