Lettre aux futurs Bacheliers

Article non sponsorisé

Chères futures Bachelières, chers futurs Bacheliers

Je souhaite vous présenter mes vœux de réussite au Bac car si tout le monde s’accorde sur le fait que le Baccalauréat ne vaut plus rien, il me semble important d’établir une différence entre un état des lieux de la politique du nivellement par le bas et vous, chers lycéens, qui n’y êtes pour rien.

Alors, bonne chance pour le Grand Oral, même si ce Grand Dédain de l’Ecrit achève définitivement ce qui restait du Bac. Ce n’est pas votre faute !

Vous à qui l’on rabâche chaque jour que votre futur diplôme est donné, qu’il ne veut plus rien dire ! Comment l’intériorisez-vous ? Encore une fois, vous subissez une situation qui vous échappe et j’ai peur que vous vous sentiez méprisés alors que seuls les responsables des différents remaniements du Bac devraient l’être.

Vous n’avez pas encore passé vos épreuves que vous êtes déjà montrés du doigt ! Faites fi de ces critiques, votre bac n’est qu’une clef qui ouvre les portes aux études supérieures. Un diplôme n’a jamais défini une personne mais le niveau de ce diplôme peut compromettre vos attentes et votre avenir. Il ne faut pas vous mentir.

Certains diplômes ne sont pas représentatifs du cumul des connaissances qui devraient être acquises et cela ne date pas d’hier ! Allez, je jette un pavé dans la mare :

Aux alentours des années 1990, mon épouse et moi étions étudiants. Nous étions souvent sollicités pour réaliser et écrire des mémoires de Maîtrise moyennant finance ! A l’époque, les sommes proposées s’élevaient au minimum à 10.000 Francs pour une Maîtrise. Cette somme, retranscrite en Euros (1.500 €) peut sembler dérisoire, mais pour nous, 10.000 F auraient été une somme colossale ! Malgré l’importance de ce montant, JAMAIS Ô GRAND JAMAIS, nous n’avons cédé à la tentation du gain ! Nous avions la notion du travail accompli pour soi-même et par soi-même. Ces propositions vénales nous attristaient sur le devenir des études supérieures car en refusant nous savions que d’autres allaient accepter.

Nous avons connu des personnes fières de leurs Maîtrises ou de leurs Doctorats qui ne pouvaient aligner correctement deux phrases en Français à l’écrit comme à l’oral ! Comment avaient-ils pu soutenir leurs soi-disant travaux ? Comment ? Cela restera un mystère.

L’avenir vous appartient et c’est en grande partie à vous que reviendra l’exploit de redresser notre France et son niveau d’étude.

L’année prochaine, si vous intégrez une Fac par exemple, vous serez confrontés à des choix. Libres à vous d’accepter qu’une poignée de révoltés imposent leur diktat et entravent vos études par la fermeture de votre établissement et des grèves à répétitions. Vivre, c’est choisir.

Fin des années 1990, je me souviens d’une grève qui bloquait l’entrée de la Sorbonne. J’étais étudiants à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) et étant rédacteur de la Revue Anthrœpotes, j’essayais de créer des ponts entre différentes universités afin de faire connaître notre revue et de trouver de nouveaux auteurs pour nos articles.

J’étais accompagné d’un ami ethnologue, CAI Hua, et nous étions venus à la Sorbonne pour mettre en place les modalités de sa conférence sur les Na, une ethnie de Chine où le concept de « père » n’existe pas. A notre arrivée, la Fac était en grève et à grands cris toutes les personnes présentes étaient invitées à venir dans un amphi afin de discuter le bien-fondé de cette grève.

Par curiosité, mon ami et moi sommes allés écouter les revendications des étudiants survoltés. Je n’ai jamais entendu autant d’inepties à la minute mais tous les étudiants présents semblaient acquiescer sans mots dire. Je bouillonnais jusqu’au moment où je me suis levé pour rejoindre l’estrade et prendre la parole. CAI Hua m’avertit que je risquais de me faire quelque peu bousculer…

Avant que je puisse avoir accès au micro, un des organisateurs de la grève me demanda à quelle filière j’appartenais. Je lui répondis que je n’étais pas de la Sorbonne et que je venais de l’EHESS. Il était heureux d’annoncer à l’assistance qu’un étudiant de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales venaient rejoindre leur lutte. Sa joie fut de courte durée…

J’ai analysé et démonté un par un les arguments qu’ils avançaient pour prétexter la grève. Je m’attendais à des huées mais le silence qui accompagna mes paroles concises reflétait certainement la surprise de l’auditoire.

Il me fallut ensuite rejoindre mon siège situé en haut de l’amphithéâtre. Et là je fus étonné et je compris quelque chose d’essentiel. Beaucoup d’étudiants m’ont chuchoté des « mercis » lorsque je remontai l’allée. « Merci, d’avoir dit ce que l’on pense mais qu’on n’ose pas dire ! » ai-je entendu.

Mais revenons au Bac ! C’est votre Bac et votre avenir. Faites-en quelque chose de bien ! Et n’oubliez pas que quelque soit vos idées et vos orientations politiques, une partie d’entre vous étant majeurs, vous entrez aussi dans la Cour des Grands. Vous avez le pouvoir d’aller voter, de changer les choses et de participer au débat démocratique. Vous pouvez aussi laisser les autres décider de votre avenir en boudant les urnes comme le font une grande partie des adultes de notre pays.

Allez… bon Bac et que le mot de Cambronne vous accompagne et vous porte chance !

Patrick LE CHEVOIR

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