Les cris des marchands ambulants dans les rues de Hong-Kong

Article non sponsorisé

Rares sont les articles occidentaux entièrement consacrés aux colporteurs chinois et autres marchands de rue. L’article de J. NACKEN ici traduit date de 1873 et donnera un aperçu de la diversité des marchands ambulants que connurent les grandes villes de Chine à la fin du XIXème siècle.

Les guillemets, les parenthèses, les majuscules et l’utilisation de l’italique rencontrés dans le texte ou dans les notes sont à attribuer à l’auteur. Seules les notes se trouvant [entre crochets] ont été rajoutées par mes soins en 1998 dans le corps du texte ou en bas de page. Profitant de cette réédition, les annotations complémentaires datant de 2021 sont signalées comme suit : [2021 : …].

Cette traduction a d’abord été publiée dans le corpus du chapitre VI de mon DEA à l’E.H.E.S.S. de Paris en 1998, puis re-publié le 27-09-2010 sur mon ancien site. Mon D.E.A. s’intitulant « Les colporteurs chinois de la fin du XIXème siècle à nos jours » , vous comprendrez que je suis heureux de vous présenter à nouveau cette traduction.

Pour citer le texte en Français :

NACKEN J., (1873-74) 2021 – « Les cris des marchands ambulants dans les rues de Hong-Kong », traduction et annotation de LE CHEVOIR Patrick du texte original « Chinese Street-Cries in Hongkong », in livresquejaime.fr

Pour citer le texte original en anglais :

NACKEN J., (1873-74) « Chinese Street-Cries in Hongkong », in China Review, Vol. II, Hong Kong, pp. 51-55

Marchand ambulant vendant des nougats dans les rues de Taïpei - Taïwan - Novembre 1990 - Photo Patrick Le Chevoir
Marchand ambulant vendant des nougats dans les rues de Taïpei – Taïwan – Novembre 1990 – Photo Patrick Le Chevoir

LES CRIS DES MARCHANDS AMBULANTS DANS LES RUES DE HONG-KONG

NACKEN J.

« Chinese Street-Cries in Hongkong »

Traduit et annoté par Patrick Le Chevoir

Mon ami était assis à son bureau, occupé sans doute à construire la meilleure phrase jamais écrite par une plume occidentale, lorsqu’un hurlement provenant de la rue résonna à travers la véranda , et rebondit comme s’il provenait des hauts plafonds de la pièce. « C’est un de ces colporteurs doués d’ubiquité », dit mon ami en colère, bondissant sur ses pieds et se précipitant à travers la véranda pour n’apercevoir que le dos du trouble-fête. Je rejoignis mon ami et n’eus le temps que de voir une paire de larges épaules se soulevant et une tête équipée d’une natte pendant en arrière ; et, sans plus attendre, vint une seconde édition du cri que nous venions d’entendre. Etant de nature asthmatique, j’enviai cet individu robuste qui pouvait porter un tel poids sur ses épaules en marchant d’un pas rapide tout en ayant encore assez de souffle pour pousser de tels cris de stentor.

« Que crie ce type ? » me demanda mon ami. Je ne puis lui répondre, bien que je vive en Chine depuis plusieurs années et, comme il me le fit remarquer, j’aurais dû en être capable si tant est que je prétendais connaître le chinois.

C’était quelques années auparavant. Depuis lors, nombreux ont dû être ceux qui, comme mon ami, ont ressenti du mécontentement qui permit l’élaboration de l’Ordonnance n° 8 de 1872 qui déclare que :

« Toute personne qui utilisera ou prononcera des cris dans l’intention d’acheter ou de vendre des articles quels qu’ils soient, sera passible d’une amende…. dans chaque quartier ou place non autorisé par un Règlement du Gouverneur du Conseil. »

Des tickets en bois sont fournis aux colporteurs de Hong Kong et doivent être renouvelés chaque trimestre au prix de 50 cents. Ces tickets sont signés par le Secrétaire Général [Registrar General] et comportent un avis apposé au dos qui stipule qu’il est interdit de crier à  Chung-wãn 1, sur la  grande rue 2 et  sur le bord de mer 3. Pendant le premier trimestre de cette année, 1082 tickets furent distribués pour les colporteurs contre 1146 pour le second trimestre.

En admettant que chaque colporteur crie une fois par minute (beaucoup d’entre eux le font plus souvent) et qu’en moyenne son affaire l’entraîne à passer sept heures à l’extérieur, cela nous fera à peu près un demi million de cris de rue par jour. Outre ces colporteurs détenant une licence, il y a aussi à peu près autant de personnes, vieilles ou jeunes, qui crient dans le but d’attirer l’attention sur leur commerce. Nous avons donc environ un million de cris de rue par jour sur cette Île. Ce calcul peut vous paraître extravagant, mais toute personne qui reste debout pendant dix minutes à un endroit dans un coin grouillant d’activités du quartier chinois et en profite pour compter les cris de rue qui défilent, sera sans aucun doute d’accord avec cette estimation.

Après ces remarques préliminaires, je vais essayer de répondre dans une certaine mesure à la première question de mon ami, « que crie ce type ? ».

Je n’ai pas l’intention de citer les cris de rue chinois tels qu’on les entend, suivis de leur traduction, ce qui pourtant serait le plus facile. Je préfère les considérer comme l’un des signes extérieurs à travers lesquels nous étudions la vie des Chinois autour de nous, leur morale et leurs habitudes domestiques.

Nous écouterons les cris utilisés pour la vente de denrées alimentaires, de fruits et d’articles d’usage quotidien ; les cris des acheteurs de déchets et de ceux qui offrent leurs services pour des réparations, ceux des coolies et ceux en rapport avec l’idolâtrie.

Les Chinois sont généralement des lève-tôt. La plupart d’entre eux se réveille avec le soleil, puis s’habille. Après quoi, qu’ils soient riches ou pauvres, ils guettent leur eau chaude pour se laver et prendre le thé. Les colporteurs de bouillie de riz, eux, sont debout une ou deux heures avant le lever de soleil. Les voilà qui sortent gaiement, deux boîtes suspendues à une perche sur leurs épaules, chacune contenant une grande marmite et un petit feu de bois au-dessous. Chaque colporteur cuisine sa propre sorte particulière de bouillie. Lorsqu’ils passent à votre porte, vous avez le choix. Le premier arrive et crie Mai ‘chü ‘hüt ‘chuk 4 ; le suivant, Mai’ yü ‘shang ‘chuk 5, etc. Vous pouvez avoir de la bouillie au sang de porc, au poisson parfumée aux racines de mûrier, à l’orge, aux rognons, au porc et bien d’autres variétés de bouillies.

Accordons-nous ici une remarque : tous les cris de rues peuvent aussi être entendus sur l’eau. Lorsque vous voyez un homme diriger sa barque parmi les navires chinois, vous devez savoir que les articles qu’il a à vendre sont les mêmes que ceux vendus à terre. Ces colporteurs n’entrant pas dans l’arrêté qui est en application sur terre, je ne peux dire combien ils peuvent être. Ils ont simplement un permis pour petite embarcation. Leurs poumons sont si puissants que j’entends distinctement leurs cris de ma maison située sur la colline. Ils prêtent leur assistance à leurs cousins sur terre pour augmenter considérablement le nombre de cris. Certains d’entre eux ont mauvaise réputation ; ils vont pagayer jusqu’aux embarcations étrangères, avec des bouteilles de samshoo [alcool à partir de riz fermenté] dissimulées sous leurs monceaux de cannes à sucre ou d’ananas. Ils marchandent avec les marins et voleront si l’occasion se présente.

Le deuxième groupe de colporteurs qui vendent des denrées alimentaires sortent pendant les heures qui précèdent les deux principaux repas des Chinois : à 9 heures du matin et à 5 heures de l’après midi. Ce sont en premier lieu des vendeurs de légumes. Au printemps, ils vendent du céleri, de la verdure grossière 6, du cresson de fontaine, des salades, des épinards et des germes de soja. En été, des potirons, des courges, des concombres, des aubergines, du popaga 7, des racines de lotus 8, des pousses de bambou, plusieurs sortes de haricots, etc. En automne : du cumin, du poivre, des pommes de terre, du taro, différents choux, etc. ; et en hiver, de la moutarde, du persil, des oignons, de l’ail, des échalotes, etc.

Mai’ tau’ fu’ 9 est un cri qu’on entend fréquemment. Ce fromage de haricot est souvent le seul « sung »10  sur la table. Il est fait à partir de farine de haricot, préparé avec du sel, du gypse et de l’eau, puis pressé entre deux planches et vendus à l’unité sous forme de petit cube au prix d’une pièce.

Après les vendeurs de légumes viennent les colporteurs de viandes et de poissons. La viande fraîche de bœuf et de porc ainsi que le poisson sont en général achetés sur le marché mais ils sont parfois vendus dans les rues. L’abattage de chiens n’est pas autorisé à Hong Kong, que ce soit dans les abattoirs ou dans les habitations privées. Les chiens sont tués et mangés secrètement cependant, et bien que leur viande ne soit pas considérée en général comme étant très saine, elle est un régal pour les coolies. Hám’ yü 10¾, le poisson salé constitue une grande partie du commerce chinois de rue. Le Catalogue spécial de M. Overbeck montre qu’il a exposé à Vienne soixante sortes différentes de poissons salés. Un petit morceau de poisson est souvent la seule protéine animale que l’on trouve sur la table. Il y a des vendeurs d’huîtres fraîches et d’huîtres séchées, de poissons séchés, de crevettes, de crabes, d’ailerons de requins et d’autres variétés de friandises des fonds marins 11. D’autres cheminent avec des paniers de volailles vivantes, de canards ou d’oies ; d’autres vendent ces animaux séchés ou fumés avec de l’huile. A Canton, les colporteurs de viande hachée qui circulent ont une boîte de démonstration, appelée « miroir occidental »12, avec laquelle ils attirent les clients. Je n’en ai pas vu ici ; il semblerait que la police ne les autorise pas à exposer leurs images qui, pour la plupart, sont de nature licencieuse.

Nous allons maintenant porter notre attention sur les colporteurs de fruits. Ils se divisent en deux classes. Les premiers circulent avec des paniers balancés sur les épaules et crient leurs fruits, qui ne sont généralement que d’une seule sorte. Ils les vendent au poids 13. Les seconds sont des détaillants ; ils vendent des fruits de différentes sortes à l’unité et en découpent des morceaux pour quelques pièces. Ils ont une jolie table démontable devant eux et un panier avec le stock à leur côté. Le prix est inscrit sur des petits morceaux de bambou. Ils circulent jusqu’à ce qu’ils aient trouvé une place ombragée et restent au même endroit tant que l’ombre et les affaires leur sont favorables.

En été, nous sommes approvisionnés en  loquats 14, ananas, mangues, melons, jamalac 15, goyaves, pêches, litchis, wampis 16, pommes, poires, prunes, différents plantains, caramboles, etc. ; en automne, en kakis, olives, noix, châtaignes, cacahuètes, citrons, etc. et en hiver, en différentes sortes d’oranges, de cannes à sucre et de poires de Tientsin, etc.

On dit à propos de Confucius qu’il ne mangeait pas ce qui n’était pas de saison 17. En cela et à d’autres égards, les Chinois ne suivent pas leur sage modèle. Ils cueillent et mangent leurs fruits alors qu’ils ne sont pas mûrs ; cela peut-être en partie parce qu’ils craignent les voleurs et en partie à cause des moyens d’expédition de leurs produits vers le marché qui sont primitifs et lents.

L’un des aspects les plus intéressant de la vie des rues s’observe à midi. Des tables sont installées dans un endroit convenable à l’ombre de larges parasols. Un banc pour les convives est installé devant, tandis que le cuisinier affairé se trouve derrière. Il crie ses mets délicats et leur prix qui varie de deux à huit pièces le bol. Les Chinois qui peuvent se le permettre s’assoient pour « shik-án-chau » 18. Il y a du bœuf, du mouton, du poisson, de la bouillie de crevettes, des macaronis, des vermicelles, de la soupe de sagou, etc. Les colporteurs qui n’ont pas encore accumulé assez de capital pour avoir un tel stand, offrent des mets moins chers sur leurs tables ambulantes. Vous pouvez y acheter différentes sortes de gélatines rafraîchissantes ou de la gelée avec du sucre pour trois pièces le bol, ou encore un verre d’eau citronnée, des gâteaux fourrés à la viande ou aux cacahuètes. Les gâteaux varient selon les saisons et les fêtes.

Le soir, tous les stands et les tables de colporteurs sont illuminées par des lampions de papier qui rendent les rues vivantes et intéressantes. Mis à part les articles mentionnés ci-dessus, vous pouvez entendre des marchands crier les articles suivants : – Fruits conservés dans le vinaigre, dans le sel ou fruits confis, noix de bétel, lait d’amande, soupe de graines de lotus et une sorte de petit-lait. En hiver, les plats et les boissons rafraîchissants sont remplacés par des boulettes de farine et des gâteaux cuits à l’eau ou à l’huile.

Je pense que nous en avons assez entendu sur les cris de rue concernant la vente de nourriture et je ne serais pas étonné si mon ami s’exclamait « Mon Dieu, je ne pouvais avoir idée que les Chinois avaient une telle variété de nourriture ». Le fait est que je n’ai nullement augmenté la liste des cris de rue de cette nature. Les Cantonnais sont gourmands et fiers de leur art de cuisiner. Ils ont ce dicton :

« Heureux celui qui est né à Soochow, qui prend ses repas à Kwong-chow et meurt à Laou-chow ». 19

Une autre classe de colporteurs est constituée de vendeurs d’articles d’usage quotidien. En voici un qui halète sous son chargement de poteries ; un autre qui crie ses articles de bambou : des paniers, des balais, des nattes, des bancs, des broyeurs à gingembre, etc. On rencontre partout des colporteurs d’éventails, de pipes, de plumeaux, de porcelaine, de bois de chauffage, de tabac, de sel, d’huile, de tissus, de lampions, etc. Des bouquets de fleurs arrangés à la perfection vous sont proposés dans la rue, mais heureusement de manière silencieuse, car ils attirent suffisamment l’attention par eux-mêmes je suppose.

« Que crie ce type ? Il n’a rien dans ses deux paniers. » Ah, mon ami, il fait partie d’un groupe très nombreux et très mauvais. C’est un acheteur de détritus. Si vous entendez une voix crier « mái lán t’it lán t’ung » 20 vous pouvez être sûr qu’il se trouvera bientôt à l’arrière de votre maison, près des quartiers des domestiques. Il a beaucoup d’argent sur lui et, à votre cuisinier, il achètera des os, des plumes (les bonnes pour les éventails et les mauvaises pour le fumier), des chiffons et des boîtes en fer blanc vides ; à votre coolie, du papier, des clous, des chaussures, des aiguilles, du fil ou tout ce qui peut se dénicher lorsqu’on balaie les pièces ; à votre boy, il achètera des bouteilles, des verres ou tout ce que vous pourriez avoir perdu comme par exemple une clef, une serrure, un bas, un mouchoir ou un bouton en or et même une montre.

Ces acheteurs de déchets sont nombreux à Hong Kong, mais je ne peux pas dire combien ils sont car ils ne tombent pas sous l’Ordonnance des Colporteurs. Certains ont leur propre boutique, d’autres livrent leurs marchandises à l’un des magasins autorisés, appelés magasins Maritimes [Marine stores], qui tiennent leur nom, comme je suis enclin à le penser, au fait que toutes les marchandises acquises non convenablement sont arrimées à l’intérieur le plus rapidement possible. Il existe, cependant, des acheteurs de déchets qui sont assez respectables. Ils achètent ou échangent de l’argenterie cassée, de vieux éventails, des lunettes usagées, des cadres fatigués, des déchets d’opium, etc.

Intéressons-nous maintenant aux cris de ceux qui offrent leurs services pour réparer les objets. Je dois avouer ici que les Chinois ont réellement acquis l’art du raccommodage. Comme les choses sont réparées de manière misérables et maladroites en Europe ! Il n’y a pas un étranger en Chine qui n’ait pas plusieurs témoignages en sa maison, prouvant que ses domestiques sont très négligents avec le verre et la porcelaine et que ses domestiques campagnards sont très habiles et soigneux pour les réparer. Leurs outils semblent plutôt primitifs mais ils répondent aux besoins. La vrille diamant en particulier est un trésor qui n’est pas connu en Europe. Outre le verre et la porcelaine, ce vieil homme à lunettes, d’allure simple, réparera des parapluies étrangers, des fermoirs, des charnières et des articles de porcelaine de marque. Un autre transporte des trousses de toilettes pour femmes qu’il échange contre des trousses usagées si elles ne sont plus réparables. Un troisième affile les rasoirs et aiguise les ciseaux ; viennent alors le forgeron, le cordonnier, le rétameur ambulants ; celui qui cercle les baquets et les cuvettes, et, enfin, le réparateur de nattes.

En passant, il se peut que nous entendions aussi le fameux cri d’alerte de notre porteur de chaises ‘Mái ‘pin 21 « écartez-vous », et le cri des coolies portant un chargement ‘T‘ai keuk 22 ou ‘Hoi lò 23 « Attention à vos pieds », « dégagez la route ! » – puis, en continuant notre chemin nous pouvons encore entendre quelques cris en rapport avec l’idolâtrie. Voici le colporteur de papiers et de bâtons d’encens et de bougies ; il y a une table, une chaise et une image d’une tête d’homme ; ce Chinois à l’air astucieux a une multitude d’auditeurs passionnés rassemblés autour de lui. Avec son langage persuasif il dit la bonne aventure à celui qui, pour quelques pièces, a engagé ses services. C’est une sorte de phrénologue. Son frère, le diseur de bonne aventure, qui tient un stand à l’autre coin de la rue, prétend lire un destin heureux dans les lignes de la main de son client. Quelques fois, il arrive de rencontrer une femme assez âgée, un parapluie ouvert à la main, marchant à pas mesurés le long du trottoir. Sün meng 24 crie-t-elle à l’intérieur des maisons. Son équipement prophétisant consiste en deux carapaces de tortues. Qu’il s’agisse d’un bon jour pour une fête de famille ou d’un nom heureux pour un enfant, elle est certaine de le trouver. Et si un enfant vient à tomber malade, elle sait que la petite âme a été effrayée et chassée par un chat ou un chien ou quelque chose d’autre. Elle marchandera pour une vingtaine de pièces, prendra le manteau de l’enfant, allumera un feu dans la rue et appellera l’âme effrayée pour qu’elle revienne. Après que le manteau ait été remis sur l’enfant, l’âme sera censée avoir retrouvé son enveloppe d’origine – et notre dernière crieuse des rues s’en ira.

Notes de bas de page

1 – 中 還 [zhōng huan]: la piste du milieu, la partie centrale (Européenne) de la ville. Retour au texte

2 – 大 道 [dà dào] c’est-à-dire Queen’s Road. Retour au texte

3 – 海 邊 [hǎi biān] c’est-à-dire Praya [la plage, le bord de mer]. Retour au texte

4 – 賣 豬 血 粥 [mài zhū xuè zhōu : Vends de la bouillie de sang de porc]. Retour au texte.

5 – 賣 魚 生 粥 [mài yú shēng zhōu : Vends de la bouillie au poisson]. Retour au texte. Retour au texte.

6 – [verdure grossière : l’expression utilisée en anglais est coarse greens]. Retour au texte.

7 – 萬壽果 [2021 : wàn shòu guǒ : certainement la papaye, connue aussi sous le nom de 木瓜 Mùguā]. Retour au texte.

8 – 蓮藕 [lián ǒu]. Il s’agit d’un légume délicieux que je n’ai, pour ma part, jamais vu dans la cuisine européenne. Après avoir été séchée et réduite en poudre, cette racine constitue la fameuse « arrow-root » [note de 2021 : actuellement l’appellation arrow-root désigne la Maranta arundinacea. Le même terme utilisé à plus d’un siècle d’intervalle ne garantit pas la même désignation] . Retour au texte.

9 – 賣豆腐 [mài dòu fu : vends du fromage de soja]. Retour au texte.

10 – 送 [sòng], c’est-à-dire ce qui accompagne le riz lors du repas. Retour au texte.

10¾ – [2021 : 鹹魚 xián yú – Confirmation dans l’ouvrage de DENNYS Nicholas Belfield, « A handbook of the Canton vernacular of the Chine Language » à la page 150 avec un légère différence de graphie pour la transcription de la langue Cantonaise : « Salted fish : 鹹魚 ham ü » ] Retour au texte.

11 – 海味 [hǎi wèi : « mets provenant de la mer : poissons et fruits de mer » (Ricci 1986 : 320)]. Retour au texte.

12 – 西洋鏡 [xī yáng jìng]. Retour au texte.

13 – [2021 : en 1998 comme en 2010, j’avais buté sur l’expression anglaise « they sell it by the catty » et j’avais signalé dans la traduction française une possible erreur de ma part en ces termes : « Ils les vendent avec malice (?) (they sell it by the catty) ». Dernièrement, j’ai retrouvé dans un ouvrage, en langue anglaise, la traduction de « to sell by the catty : 論斤賣 » ( « A handbook of the Canton vernacular of the Chine Language » de DENNYS Nicholas Belfield – 1874 – page 178). Comme le livre de DENNYS a exactement la même date de publication que l’article de NACKEN, la traduction chinoise est donc certaine.

Par contre, mes dictionnaires chinois ne me donnèrent pas plus d’information sur l’expression 論斤賣. Je remercie donc le Professeur KUO Naichen 郭乃禎 du Centre de Langues de Dong Hwa Daxue (NDHU) de Zhixue à Taïwan de m’avoir traduit cette expression chinoise de ces termes : 「論斤賣」,就是我賣東西的時候,不是一個一個賣,是看多少斤賣多少錢。La traduction en Français devenait donc limpide : vendre au poids. 郭老師,非常謝謝。太麻煩妳 ! ] Retour au texte.

14 – [2021 : ici, comme en 1996, j’ai laissé le terme « loquats » qui se trouve dans la version originale anglaise de cet article. Mais cette fois-ci, j’ai trouvé deux traductions possibles. En effet, il s’agit peut-être d’un référence au Néflier du Japon (Loquat). La traduction de « loquat » serait alors « nèfle du Japon ou bibasse » du chinois 枇杷 (pípá). Mais il peut aussi s’agir d’un autre fruit qui en Mandarin se prononce Pípá máng 枇杷芒 et qui serait donc le « gandaria » connue aussi sous le terme de « maprang » le fruit du Bouea macrophylla Griffith.

En comparant les périodes de fructification du Eriobotrya japonica et du Bouea macrophylla Griffith, il nous est impossible de trancher. La présence des deux différents fruits dans les paniers des colporteurs correspondraient bien à la période du printemps à Hong-Kong. Un autre indice à explorer serait l’absence du Bouea macrophylla Griffith dans la base de rechercher de l’herbier du Hong Kong Herbarium. ] Retour au texte.

15 – [2021 : en 1996 pour « rose apple » j’avais traduit par « pomme rose » mis en italique pour indiquer que la traduction n’était pas exacte. Dire que je connais le jamalac ! Il s’agit d’un fruit très rafraîchissant qu’il est agréable de manger en été à Taïwan. Le nom de l’arbre en chinois est 洋蒲桃 yáng pú táo, le nom du fruit (le jamalac) est 蓮霧 lián wù.] Retour au texte.

16 – [2021 : en 1996, ne trouvant pas de traduction possible, j’avais laissé le terme utilisé par NACKEN, c’est-à-dire « whampees » . Encore une fois, le livre de DENNYS nous est d’une grande utilité pour retrouver le terme traduit en Chinois : 黃皮 huáng pí ( « A handbook of the Canton vernacular of the Chine Language » de DENNYS Nicholas Belfield – 1874 – page 28 et 29). Le site du Hong Kong Herbarium, nous confirme que la période de fructification du Clausena lansium correspond bien à l’été (juillet et août)]. Retour au texte.

17 – 不時不食 [bù shí bù shí] Lun Yü X. 8. Retour au texte.

18 – 食晏晝 [shí yàn zhòu] : manger le repas de midi, déjeuner. Les deux derniers caractères sont probablement à l’origine du terme « chow-chow » en anglais Pidgin. [2021 : sur le site du département de langue et de littérature chinoises de l’Université de Hong Kong (香港中文大學 中國語言及文學系 – Department of Chinese Language and Literature CUHK), il existe une base de données comparatives entre le Mandarin et le Cantonais. En entrant l’expression 食晏晝飯 shí yàn zhòu fàn, l’application nous donne la transcription phonétique suivante pour le Cantonais : « sik aan zau faan » qui correspond en partie à l’expression relevée par NACKEN « shik-án-chau » . ]

L’application de l’Université de Hong Kong nous en donne deux traductions possibles : 吃午飯 (chī wǔ fàn : déjeuner) ou 吃晌(午)飯 (chī shǎng (wǔ) fàn soit déjeuner voire dîner). Il est possible qu’à l’époque de NACKEN l’expression cantonaise 食晏晝 remplaçait alors 食晏晝飯, la première étant l’abrégé de l’autre. Retour au texte.

19 – Les habitants de Soochow sont enviés pour leur joli teint par nos amis Cantonais à la mine orangée. Laou-chow est connue, dit-on, pour avoir la meilleure qualité de bois pour les cercueils. Retour au texte.

20 – 買爛鈇爛銅 [Mǎi làn fū làn tóng], « Achète vieil acier, vieux cuire ! » . Retour au texte.

21 – 埋邊 [mái biān]. Retour au texte.

22 – 睇腳 [dì jiǎo]. Retour au texte.

23 – 開路 [kāi lù]. Retour au texte.

24 – 算命 [suàn mìng] dire la bonne aventure. Retour au texte.

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