Petite réflexion sur le glyphosate

Je vous soumets ce petit article datant du 25 octobre 2017 à propos du glyphosate en abordant cet herbicide à l’aide des outils conceptuels de l’Agriculture Naturelle. Quatre années nous séparent de la première publication de ce papier et pourtant j’aurais pu l’écrire aujourd’hui mercredi 7 juillet 2021. Que de temps perdu !

Réflexion sur le glyphosate

Le glyphosate, un composant d’un herbicide, est actuellement très médiatique. Certains veulent en interdire l’utilisation dès à présent, d’autres souhaitent l’interdire plus tard pour trouver une solution de rechange et les derniers veulent continuer de l’utiliser en niant fermement la dangerosité de cet herbicide sur la santé.

Un problème qui déborde l’herbicide

Ne vous êtres vous jamais demandé pourquoi malgré les tonnes d’herbicide versées années après années sur les champs, les adventices (mauvaises herbes) continuent d’être présentes ?

Dans la Nature, beaucoup de plantes se multiplient par leurs graines, d’autres par leur système racinaire. Concernant les premières, la Nature a prévu une énorme quantité de graines pour que finalement peu d’entre elles donnent naissance à la future génération. En effet, la majorité des graines servent d’aliment à divers animaux et seule une partie infime de celles qui se retrouvent à terre sans être grignotées pourront germer.

Les plantes dont la multiplication s’effectue essentiellement par les racines se trouvent, quant à elles, confrontées aux autres plantes présentes sur leur espace.

Mais un champ n’est pas un espace naturel. Saisons après saisons, la terre est labourée enfouissant ainsi une énorme quantité de graines qui attendront de nombreuses années d’être enfin repoussées vers la surface par les labours successifs afin de pouvoir enfin germer.

Imaginez un peu le nombre de boutures racinaires créées lors d’un labour ! C’est l’homme qui crée son propre malheur car il s’agit d’une lutte sans fin.

Tous les herbicides sont néfastes

Un herbicide, qu’il provienne d’une usine chimique ou qu’il soit considéré comme herbicide biologique est néfaste pour la Nature.

En luttant contre l’apparition des adventices, il prive une quantité importante d’animaux de leur alimentation. Ceux qui resteront dans les champs seront finalement ceux qui pourront s’alimenter des plantes cultivées.

C’est la raison essentielle qui oblige les agriculteurs à pulvériser aussi leurs champs d’insecticides ! La chaîne alimentaire étant brisée, les problèmes se multiplient. Et lorsque toutes vies « indésirables » est balayée par les hommes de sciences qui nous proposent les herbicides et les insecticides, il ne faut pas s’étonner que les champignons s’attaquent à nos cultures. Aucun souci ! Le champs sera pulvérisé de fongicide !

Mais d’où vient ce cercle vicieux ?

La terre ne se résume pas à la notion de NPK !

Bien avant Masanobu FUKUOKA, un botaniste anglais, Sir Albert HOWARD (1873-1947) avait alerté les scientifiques sur l’impasse et dangerosité d’utiliser les engrais chimiques aux dépens de la fertilité du sol.

Contrairement au cycle de la Nature, un engrais, qu’il soit chimique ou considéré comme biologique, agira plus rapidement sur la plante. Une plante qui croît plus vite que la normale produira plus de sucres et attirera ainsi plus d’insectes considérés comme nuisibles. Les adventices (mauvaises herbes) elles aussi profiteront de ce mélange explosif !

J’utilise le terme d’explosif car c’est dans l’industrie de la guerre qu’il faut aller chercher la naissance de la notion d’NPK, ces trois éléments chimiques étant les composants principaux des bombes. C’est d’ailleurs pour cela que le stockage et le fret d’engrais sont si surveillés. Historiquement parlant, il fallait bien utiliser les stocks que la Première Guerre Mondiale nous avait légués et nourrir, par la suite, la population après la Seconde Guerre Mondiale !

Le dilemme actuel des agriculteurs

Nos agriculteurs sont actuellement coincés par la notion de court terme. L’ère de la mécanisation des champs les a obligés à agrandir leurs surfaces cultivables afin de rentabiliser leurs machines et de rembourser leurs prêts (terrains et tracteurs).

Avec l’avènement des engrais chimiques et des différents pesticides, les coûts de productions augmentent. Ajoutez à cela la guerre des semences dont ils sont victimes (hybrides et OGM), il n’est pas étonnant qu’une ferme d’un hectare pratiquant une forme alternative de culture (permaculture ou agriculture naturelle par exemple) soit plus rentable qu’une ferme mécanisée de plusieurs centaines d’hectares.

Les seuls gagnants sont les banquiers, l’industrie produisant les machines agricoles, l’industrie pétrolière, les semenciers et l’industrie chimique. L’agriculteur a été relégué au rôle de consommateur d’emprunts.

Pour redonner la fertilité à un champ, c’est-à-dire pour le rendre vivant de nouveau, il faut compter entre 3 et 7 ans. Il ne s’agit plus là de court terme mais de moyen terme, voire de long terme si l’on souhaite transmettre ses champs en bonne santé aux générations futures.

En guise de conclusion

Vous avez pu constater que je n’ai pas parlé du problème sanitaire du glyphosate sur l’homme et des risques d’apparition de certaines maladies.

C’est sciemment que j’ai fait ce choix car je voulais montrer une vision moins ethnocentrique du problème. En toute chose, il faut garder une vision globale. Si dans l’exemple du glyphosate nous ne pensons qu’à notre santé, le glyphosate sera remplacé par un autre herbicide considéré comme non nocif pour l’homme alors qu’un herbicide sera toujours nocif pour la Nature.

Patrick Le Chevoir

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