Eric ZEMMOUR et son dernier livre sur la France

Article non sponsorisé

Références de l’ouvrage :

ZEMMOUR Eric, 2021, LA FRANCE N’A PAS DIT SON DERNIER MOT, Editions Rubempré, (ville de l’édition non précisée), 348 pages.

En guise d’introduction

N’ayant jamais lu un ouvrage de Monsieur Eric ZEMMOUR, je fus intrigué par l’accueil quelque peu mouvementé du livre intitulé « LA FRANCE N’A PAS DIT SON DERNIER MOT » . Qu’y avait-il de si sulfureux dans ces 348 pages pour que certains s’indignent et que d’autres prétendent que son auteur allait se présenter aux prochaines élections présidentielles ?

Comme indiqué dans la ligne éditoriale de ce blog, je vous donnerai mon opinion sur cette lecture sans langue de bois ni bien-pensance. Pour les lecteurs qui viennent de découvrir mon blog, sachez que je suis ethnologue de formation et que l’Histoire m’intéresse. Il est toujours important de connaître le terreau qui fait germer les idées sous peine de ne pas saisir la pertinence des propos.

Je vous invite aussi à lire l’article intitulé Désintégration dans lequel j’avoue qu’il m’arrive parfois de vouloir quitter notre cher Pays alors que j’ai ouvert cet espace de liberté afin d’y diffuser des articles pour éclairer les esprits, donner envie d’apprendre et donner des outils pour relever notre Hexagone, nos îles et non territoires lointains. J’assume mes contradictions et mes ambitions titanesques : « J’aime la France » n’est pas une expression désuète et grossière.

La forme

Est-ce un pécher de pêcher en croquant une pêche ? Non, répondit la pomme ! Il arrive parfois de préparer une omelette en y laissant quelques coquilles…

Lorsque l’infime morceau de coquille se glisse dans la première ou dans la dernière bouchée, nous nous souvenons plus facilement de cette désagréable sensation sableuse qui gâche les œufs. Mais bon, je taquine ici Eric ZEMMOUR à propos de sa première et dernière page où un accent circonflexe et un w viennent un peu faire grincer le dernier livre pondu.

Nous faisons tous des fautes d’orthographe ! Moi le premier… Que celui qui n’a jamais pécher, enfin, fauté, lui jette la première pierre !

Même si quelques rares coquilles traînent çà et là, l’ouvrage est bien écrit. Bien écrit, oui, très bien écrit, non. Je dois vous avouer que j’aime particulièrement deux auteurs qui, à mon sens, écrivaient très bien : Marcel MAUSS (1872 – 1950) et Edouard CHAVANNES (1865 – 1918). Par contre, toujours concernant la forme, Eric ZEMMOUR a une écriture accessible, ce qui, à mon avis, est une forme d’intelligence assez rare. Ce qui paraît simple cache souvent de la complexité et ce qui semble complexe dissimule en de nombreuses occasions un vide conceptuel.

Le livre se compose d’une introduction non titrée, de 15 chapitres et d’une conclusion. Les chapitres sont ordonnés par ordre chronologique et portent le nom des années, de 2006 à 2020.

Chaque chapitre est organisé de la même manière à l’aide de sous-titres qui annoncent la plupart du temps une rencontre entre Eric ZEMMOUR et une ou des personnalités le plus souvent issues du monde politique ou médiatique. A de rares occasions, il s’agit de rencontres entre l’auteur et une œuvre cinématographique.

Au début, j’ai apprécié l’accroche descriptive de chaque début de sous-chapitre. En effet, Eric ZEMMOUR décrit soit un lieu, soit une personne avant de n’en donner leur nom respectif ce qui invite le lecteur à le deviner avant que ses yeux ne le rencontre quelques lignes plus bas. Puis, ce jeu trop répétitif m’a lassé. Question de goût… j’aime être surpris.

Pour ceux qui n’auraient pas vu dans les media la première de couverture du livre, nous y voyons une photo de l’auteur les bras croisés dans un costume bleu, chemise blanche, cravate assortie à la veste et une petite pochette immaculée qui ressemble plus à un bulletin de vote qu’à une pochette de costume. Etant campé devant un drapeau de notre cher Pays, la France, cette première de couverture ressemble effectivement à une affiche électorale comme l’ont précisé de nombreux journalistes.

Le fond

La forme est-elle en adéquation avec la forme ? Non ! Peut-être ai-je été influencé par les différentes présentations qu’en avaient faites les commentateurs à la radio ou à la télévision ? A mon avis, peu d’entre eux l’avaient lu en entier ou l’avaient compris.

Après lecture, je n’arrive toujours pas à comprendre le titre de l’ouvrage : « LA FRANCE N’A PAS DIT SON DERNIER MOT » . Il est possible que je sois stupide et que les différents confinements m’aient grillé quelques neurones. « CE QU’ILS ONT FAIT DE LA FRANCE » ou « LA FRANCE SE MEURT » eussent été des titres plus proches du contenu car il s’agit ici d’un descriptif sombre et souvent réaliste d’une France qui chute. Avec une première page de couverture aux allures d’affiche électorale et cette France qui n’a pas dit son dernier mot, je m’attendais à une sorte de programme électoral ou tout du moins à des pistes, des solutions pour redresser cette France qu’il m’arrive, moi aussi, de ne plus reconnaître. Mais non ! C’est l’une des erreurs de cet ouvrage à moins qu’il ne s’agisse, dans son ensemble, que d’une introduction à un écrit futur.

Passons sur cette déception et intéressons-nous au contenu. Ceux qui connaissent Eric ZEMMOUR au travers de ses interventions télévisées ne seront pas étonnés du contenu qui reprend les thèses qu’il apprécie aborder, à savoir l’immigration, la culture Woke, l’islamisation de la France, la tyrannie des minorités, l’islamo-gauchisme, le grand remplacement etc. Ici, nous devons reconnaître le courage de l’auteur qui se singularise en brisant l’omerta médiatique et politique du politiquement correct. Tous ces sujets sont malheureusement factuels et sont le fruit de la couardise de nos élus, tous bords confondus. Les mettre sur plutôt que sous le tapis demande une qualité fort éloignée de la lâcheté et une résilience hors du commun aux vues du matraquage systématique émanant de ceux qu’il dénonce. Le courage étant une denrée rare, que nous apprécions ou non Eric ZEMMOUR, le reconnaître n’a rien d’infamant. Pouvoir se regarder dans un miroir nécessite parfois de nager à contre courant.

Le point essentiellement positif de « LA FRANCE N’A PAS DIT SON DERNIER MOT » est la preuve que la liberté d’expression n’est pas morte en France. Attention, le fait qu’elle soit encore vivante ne signifie nullement qu’elle soit en bonne santé et que les représentants de la bien-pensance n’essaient pas de l’étouffer petit à petit. Le pire étant que certains d’entre nous s’autocensurent de peur d’être montrés du doigt et traités de fachos dès que nous osons briser le silence hypocrite, révérencieux et mielleux ambiant.

Dans ce sens, ce livre tombe au bon moment. Le trublion Eric ZEMMOUR pimente la future élection présidentielle et oblige tous les partis et les candidats potentiels à se positionner sur les sujets trop longtemps mis à l’écart par la bien-pensance. Même le Dandy de l’Elysée essaie de bander ses muscles régaliens ! Pauvre France ! Que je suis heureux d’avoir voté blanc au deuxième tour des élections présidentielles de 2017. Nous sommes le seul pays au monde à pouvoir se targuer d’avoir un Président en cohabitation avec lui-même ! Un Président qui confond présidence et gouvernance ! J’imagine son esprit comme l’un des deux premiers jeux vidéos télévisuels, le fameux tennis avec deux barres et un balle carrée : un coup à gauche, un coup à droite… une logique binaire à segmentation mortifère qui écrase à coup de PNL le pauvre bougre osant l’affronter alors que ce dernier ignore ce qui se cache derrière ces trois initiales. J’ai hâte, j’aspire à ce que ce pédant, ce Jupiter de pacotille prenne une raclée cinglante lors des prochaines élections présidentielles ! Français de cœur, ne boudez plus les urnes, s’il-vous-plaît ! « Il n’y a pas de culture française » … seul un inculte peut prononcer pareille ineptie ! Vous l’aurez compris, Emmanuel MACRON est mon président mais je ne l’aime pas. Il me donne envie de quitter la France… digression terminée.

Revenons au livre de Eric ZEMMOUR. Bien que les thèmes récurrents de l’auteur y soient présents, il s’agit plus d’un ouvrage de ZEMMOUR sur ZEMMOUR. L’impression qui me reste après lecture est étrange : une sorte de compromis entre un besoin de reconnaissance par la classe politique et un amour de la France et de ses valeurs mises à mal. Un goût d’inachevé me semble évident. Je n’écris pas cela pour me moquer de l’auteur, je le précise pour avouer ma déception. Je connais les thèses de ce journaliste politique. J’en partage certaines car je ne suis pas dupe de notre environnement actuel. D’autres me semblent éloignées de mes convictions.

Dans le sous-chapitre « La France coupable » (54-60), par exemple, qui traite de Maurice PAPON, de Vichy et du Maréchal PETAIN, je ne partage pas ce qui est écrit mais je comprends la tentative de l’auteur. L’exemple est très mal choisi, mal amené et trop sensible. Suite à cette partie, je me suis remémoré une histoire de famille qui m’a permis de connaître mon grand-père paternel. Mon grand-père était communiste jusqu’au bout des ongles et fut dénoncé à la Gestapo par lettre anonyme. Un ami d’enfance qui avait rallié l’idéologie Nazi et travaillait avec les Allemands vit passer cette lettre et l’ordre d’arrestation à exécuter le lendemain matin. Ce traître à la France (il ne s’agissait vraiment pas d’un agent double !), cette pourriture pourrions-nous dire, cet ami d’enfance est venu prévenir mes grands-parents la veille de l’arrestation de mon grand-père. L’échange fut bref : « Ils viennent te chercher demain matin. Pars tout de suite avec ton fils aîné, ce serait mieux« . Mon grand-père n’a jamais su qui l’avait dénoncé. Quelques années après sa mort, ma grand-mère fut appelée au pied du lit d’une de ses amies et voisines qui allait mourir. J’étais jeune mais je me souviens de la fureur de ma grand-mère. « Elle m’a demandé pardon car c’est elle qui avait dénoncé Gaston ! J’ai eu envie de l’étrangler ! Je lui ai répondu : Meurt avec ça ! Je ne te pardonne pas ! » . A méditer… Qu’il est difficile de comprendre cette période, nous qui n’avons connu que la paix.

J’aurais aimé que Eric ZEMMOUR approfondisse plus les dangers de la culture Woke et qu’il insiste plus encore sur l’imposition de cette culture destructrice par le biais des publicités qui inondent nos écrans et par l’intermédiaire des séries américaines qui nous rabâchent que le Blanc est un méchant raciste opprimant. Ce sujet d’importance vitale pour notre société mérite plus qu’une mention. L’autodafé récent au Canada anglophone aurait dû nous révolter. Attention, ne laissons pas cette gauche suintante et visqueuse envahir nos universités, nos écoles, nos media et nos chères têtes blondes à coup d’écriture inclusive, de repentances masochistes, de déboulonnage de statues et autres plaques de noms de rue ! Ne laissons pas les idées outre-Atlantique, cette « Culture de l’Effacement » , gangrener le cerveau de nos enfants en permettant à un combat qui n’est pas le nôtre de s’installer dans les rouages de notre société.

J’ai eu la chance de vivre avec une amie noire américaine à Taipei à l’époque de la guerre du Golfe. J’ai tellement appris auprès d’elle sur l’étrangeté américaine concernant les blancs et les noirs ! L’histoire des blancs et des noirs américains n’a strictement rien à voir avec notre histoire en France. Ne nous laissons pas submerger par ce Wokisme qui est étranger à notre ADN, c’est leur combat, pas le nôtre. Je trouve l’analyse de Eric ZEMMOUR très pertinente sur la gauche française qui, à défaut de défendre un prolétariat qui n’existe plus, s’intéresse aux minorités en tous genres. Attention, il s’agit des bases du Wokisme.

Ce serait une erreur que de prendre ce mouvement exogène pour un épiphénomène. J’apprécie discuter avec des inconnus lorsque je fais mes courses dans un supermarché. Je fus stupéfait des déclarations d’un homme avec qui je parlais. Nous discutions de tout et de rien lorsqu’il m’affirma que « nous les Blancs, nous avons foutu le bordel partout où nous sommes allés ! Et puis notre société change, nous sommes à l’ère du poly-amour » . Il me fallut une seconde pour comprendre le pourquoi de l’enchaînement de ces deux idées aberrantes. La personne que j’avais en face de moi était en train de débiter les âneries d’une série policière américaine où nous apprenons, entre autres, que les Blancs oppriment et sont racistes et que les Noirs sont opprimés et gentils. Dans cette même série, une des policières spécialisées dans les interventions musclées est une adepte du « poly-amour ». L’exportation de ces idées nauséabondes réussit finalement son lavage de cerveau.

Concernant l’immigration, thème premier voire obsessionnel de Eric ZEMMOUR, nous nous trouvons une fois de plus face à un descriptif et non face à des solutions. Poser sur la table les problèmes liés à l’immigration est courageux mais présenter ne serait-ce que des pistes réalisables pour les pallier eût été appréciable. Lorsque j’écris qu’il faut être courageux, vous comprendrez que dans une atmosphère lié à « L’Eveil » outre-Atlantique, oser parler d’immigration c’est assurément se voir taxer de raciste. Je rappelle à titre informatif que le racisme est une doctrine affirmant la supériorité d’une race par rapport à une autre. Faire fi de la sémantique rabaisse le niveau intellectuel du débat. En aucun cas dans ce livre, Eric ZEMMOUR ne fait l’apologie d’une doctrine raciste. Pour autant, nous ne sommes pas obligés d’adhérer à ses idées et nous avons le droit d’être heurtés par certaines d’entre-elles. Eric ZEMMOUR est un homme de débat et, bien que ne le connaissant pas, j’imagine qu’il accepte sans conteste la contradiction.

Quant à l’islam, autre thème récurrent de l’auteur, j’aurais souhaité qu’il mette en exergue l’opposition entre notre société pyramidale et un système horizontal. Qui n’a pas conscience de cette opposition ne peut comprendre la confrontation actuelle. Il est d’ailleurs intéressant de noter que dans un autre contexte, cette opposition Pyramide-Horizon secoua notre gouvernement pendant de long mois lors de la crise dites des Gilets Jaunes. Rien n’arrive par hasard. L’horizontalité est une arme redoutable pour le sommet de la pyramide habitué à s’opposer à une autre pyramide. J’imagine que tout cela est parfaitement expliqué dans n’importe petit livre d’apprenti révolutionnaire.

En guise de conclusion

Est-il pertinent de livre « LA FRANCE N’A PAS DIT SON DERNIER MOT » ? Absolument et plusieurs cas de figure me viennent à l’esprit :

  • Les idées du lecteur sont aux antipodes de celles de Eric ZEMMOUR. Dans ce cas, je ne peux que vous conseiller de le lire afin d’affiner votre discours contradictoire.
  • Le lecteur ne connaît pas les idées de l’auteur. Découvrez-les.
  • Le lecteur aime les thèses de Eric ZEMMOUR. Peut-être l’a-t-il déjà acheté et lu.

Par contre, si comme moi, vous pensez trouver dans ce nouveau livre des réponses aux thèmes véhiculés par l’auteur, vous resterez sur votre faim. A mon avis, cet ouvrage est mal construit, il ressemble plus à un carnet de notes qu’à un volume abouti. En aucun cas, il ne s’agit d’un programme électoral comme il a été souvent présenté à tort.

Eric ZEMMOUR s’est-il empressé de terminer son œuvre afin de répondre à un calendrier électoral ? Est-ce sa manière d’écrire ? A-t-il voulu se démarquer par la présence de chapitres annuels ? Autant de questions auxquelles je ne peux répondre et qui me gênent.

Il faut, par contre, souligner le courage de l’auteur qui, nous nous en apercevons au fil de la lecteur, semble être blessé par les nombreuses attaques qu’il a subies tout au long de sa carrière.

Les thèmes abordés par Eric ZEMMOUR ont été si longtemps étouffés par le politiquement correct que les imposer au cœur du débat des prochaines présidentielles est important. La France est malade, la France change de visage, la France chute, c’est indéniable. Par contre, l’immigration et autres thèmes abordés par ce livre ne forment pas un projet politique à eux seuls.

Que vous appréciez ou non l’auteur, je ne peux que vous inviter à lire son nouveau livre maintenant que vous en connaissez les limites.

Patrick LE CHEVOIR

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