Lettre à Monsieur le Président de la République Française

Référence bibliographique

LE CHEVOIR Patrick, 2022, Lettre à Monsieur le Président de la République Française, in livresquejaime.fr


Auteur

Patrick LE CHEVOIR (1964)

Domaines

Politique – France


Article non sponsorisé

Année 2022

livresquejaime.fr

Monsieur le Président de la République Française,

Encore une fois, vous venez de blesser les Français de manière gratuite. Bien que je sois pour le vaccin afin de lutter contre la Covid-19 et que ma troisième dose de rappel soit à jour, je tiens à vous affirmer que vos récentes déclarations concernant les non vaccinés sont dignes d’un charretier. Prenez-vous donc les Français pour des mules ou des ânes ?

Il est inadmissible, eu égard à votre fonction, que vous ne maîtrisiez pas encore les rudiments de la politesse présidentielle alors que votre mandat touche à sa fin. Je me dois de vous préciser qu’il existe des synonymes non grossiers du verbe « emmerder » que vous avez sciemment choisi de prononcer pour fracturer une fois de plus le peuple de France. Connaissez-vous le verbe du premier groupe « ennuyer » ? Il en existe d’autres à l’instar du verbe « embêter » . Je vous déconseille ce dernier car il appartient au registre de l’enfance et vu votre penchant à infantiliser les Français, mieux vaut l’écarter de votre liste de termes à apprendre.

Infantilisation des Français, seriez-vous surpris ? Vous, Monsieur le Président, qui n’avez de cesse de nous parler de pédagogie. Mon esprit citoyen se doit de vous éclairer. La pédagogie ne s’adresse qu’aux enfants, essayez de le retenir. Le terme exact lorsque nous nous adressons aux adultes est « andragogie » . Un concept nouveau de quatre syllabes ne devrait pas être trop difficile à retenir, n’est-ce pas ? « An-dra-go-gie » ! Bien. Passons à d’autres synonymes. Je ne vous donne pas de la tablature, j’espère.

« Créer des difficultés » est une expression un tantinet dangereuse. Pour créer, encore faut-il être habile. Non, je vous la déconseille. Essayons autre chose. « Mettre des bâtons dans les roues » ? Non, non, n’insistez pas Monsieur le Président ! La mention du bâton serait de trop. Pensez à votre réélection !

« Mener la vie dure » ! Cette expression, vous et vos ministres la connaissez puisque votre porte parole a habilement alterné, le lendemain de votre « emmerder », le même verbe puis l’expression « mener la vie dure ». J’aime beaucoup Monsieur Gabriel ATTAL, il est brillant mais surtout dès que je l’aperçois, des souvenirs d’enfance montent à la surface, ceux liés à un humoriste imitateur, Thierry LE LURON. Lui, me faisait rire.

Que diriez-vous de « tourmenter » ? Non, le tourment implique une dose de machiavélisme. Quoique… N’abandonnons pas ce verbe, j’ai l’impression qu’il pourrait vous plaire.

Le 15 décembre dernier, vous déclariez « Il y a des mots qui peuvent blesser, et je pense que ce n’est jamais bon, c’est même inacceptable car le respect fait partie de la vie politique […] ». Moins de 20 jours se sont écoulés que déjà cette belle déclaration part en éclat. Auriez-vous quelque trouble de mémoire ? Je m’inquiète. Encore une fois, rassurez-moi ! J’espère, vu votre jeune âge, qu’il ne s’agit pas de signes avant-coureurs de la maladie d’Alzheimer. Tout Français peut avoir des pertes de mémoire sans que cette maladie neuro-dégénérative en soit la cause. Je vous donne une astuce pour nous rassurer. S’il vous arrivait d’oublier les codes nucléaires, ce serait grave mais il s’agirait d’un trou de mémoire. Si, par contre, il vous arrivait d’oublier ce qu’est une bombe atomique, mieux vaudrait consulter. Vous saisissez la nuance ?

Je terminerai par une autre citation que nous vous devons le même jour que celle de l’utilisation outrancière du verbe « emmerder » . Je l’analyserai ensuite brièvement avec vous.

« Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen. »

Pardonnez-moi, Monsieur le Président, mais vous vous égarez ! Cette phrase semble sortir d’un devoir de philosophie de qualité très médiocre. Vous amalgamez deux concepts qui n’ont pas lieu d’être. Si je corrigeais votre copie, je ne vous donnerai pas la moyenne. En une seule phrase, vous vous ridiculisez. Imaginez un instant que je déclare l’énormité qui suit :

« Quand un Président de la République Française menace la liberté des Français, il devient irresponsable. Un irresponsable n’est plus un Président » .

Cette déclaration, tout comme la vôtre, est ridicule.

D’un point de vue juridique, votre « Un irresponsable n’est plus un citoyen » pose problème ! Effectivement, vous ne pouvez prétendre qu’un irresponsable réponde de ses actes… puisqu’il est irresponsable.

Pire encore, d’un point de vue constitutionnel « un irresponsable n’est plus un citoyen » est une affirmation qui devrait intéresser les garants de la Constitution française.

Je ne reviendrai pas sur vos anciennes déclarations blessantes pour les Français, j’espère simplement que le peuple de France s’en souviendra au moment de voter aux prochaines élections présidentielles.

Espérant ne pas vous avoir ennuyé, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma respectueuse considération.

Patrick LE CHEVOIR

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Droits d’auteur : tous droits réservés.

Publié par LE Xiao Long - Patrick Le Chevoir - 樂小龍

Rédacteur de livresquejaime.fr

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